• Le Tintement EsTi-bétain

    "La climatisation, c'est pour les lopettes".

    Devise que le corps tout cuivre de Pénélope, incliné soleil à fond les pores, affichait en cette journée de 40°.
    Elle aurait juré qu'une ancêtre noire surfait dans ses veines.
    Pénélope frémit sous le concert de cloches qui à 18H00 faisait rebondir leur métal sur les façades, semblant pousser le ciel comme si secouer Dieu les faisait rire.

    Quel rapport entre la climatisation et les cloches ?
    Aucun.
    Pénélope n'est pas - LÀ - pour faire des rapports.
    Pénélope  EST   POINT
    Il fait beau : elle bronze.
    Les cloches carillonnent : elle écoute.
    Il pleut : elle range son transat.

    Pénélope ne connaît pas la couleur de l'aspirine.

    En même temps (sans vouloir la défendre), est-il possible de réfléchir par si haute température ?

    "C'était encore un coup des moines tibétains !"

    Pénélope avait un avis là-dessus.
    Dès que quelqu'un, quelque part, dans les pires conditions météorologiques, se mettait à penser, on pouvait être sûr que, derrière, il y avait du tibétain.
    Preuve en est, ces livres rouges lamellés or, qui racontaient le parcours d'un homme "sacrifié" à la spiritualité.
    Comment s'appelait-il déjà ?
    ... Avec son éternelle robe d'été couleur soleil couchant ?... Dans son palais d'été - "genre" - tu vois ?
    Il comprenait les cloches, lui aussi.
    ... Ah ! Oui.. Tobby? ... L'Homme-sang ... RAMPA ...
    Il revenait dans le monde à chaque siècle, en changeant de corps, pour frapper deux formes de chapeau l'une contre l'autre, deux cloches (toujours elles !) qui faisaient tinter l'âme, qui ouvraient les chakras et purifiaient l'ESprit ...

    "Autant croire à la Cloche au Dorje !" *

    Leur son féérique, mélange de 5 à 7 métaux, accompagnait la Méditation ...
    Et en ditation, Pénélope s'y connaissait !
    Allongée dans une immobilité monastique durant des heures, la casquette en crâne rasé, elle inspectait son monde intérieur, aussi vaste et complexe que celui, extérieur, dans lequel RAMPA se coinçait à ère régulière.

    Pénélope sourit sous ses lunettes de soleil.
    Refaire le MONde ... DOminer le MONde ...
    Quel intérêt ?
    Quand ils auront saisi la vacuité d'une telle ambition, ils reviendront bronzer avec ELLE ...
    Point de vue, finalement, assez proche du Tibet.
    Décidemment,
    "I' zétaient FFFORTS, ces moines tibétains !"

     

    * Selon le RAMPA de Pénélope, expression tibétaine équivalente à notre "croire au Père Noël".
       Le dorje est un instrument de métal ouvragé, entre serrure et bâton.
       Symbole de la masculinité, il va de paire avec la cloche.

  • Les TrrAdiSSSyons, Rien de Vrai que Mieux !

    Boris détestait l'été.

    D'abord, il faisait chaud : on collait - partout.
    Deuzio. il y avait du SSoleil - partout.

    Après, venaient les tondeuses à gazon, bourdonnant dans les fenêtres ouvertes quipar la même occasion faisaient monter une cacophonie de voix, de rires, de cris ou de pleurs, parce qu'il paraît que l'air, en été, plus léger, porte les sons plus loin et plus haut.

    L'été - QUOI !

    On ne vivait plus chez soi quand rien et n'importe quoi s'invitaient chez vous ; de la portière sèchement claquée à la télé du vis-à-vis.

    Ce n'était pourtant pas l'unique rancoeur.

    Il y avait - AUSSI - les exhibitionnistes de la chaleur :
    ♠ le mec sur la droite qui montrait son buste à la rue, poils au vent, le ventre tendu
       sur un bébé absent,
       (plus ils sont moches, plus ils s'en vantent !)
    ♣ la nana, en face, dans son transat, les seins dégorgeant sur l'estomac au-dessus
       du bikini de travers.
       Elle farfouillait sans cesse son I-Phone : son index choperait l'hostéropopose à force de le balader sur l'écran.

    Sur la droite, le bricoleur - vieux comme ses salopettes, sciait, rabotait, martelait,
    soit un panneau solaire,
    soit une véranda de poche,
    soit un abri-toit naturel ...
    Sans mentionner son casse-pllllumes de perroquet qui répétait le chant national sur des insultes à qui pire-pire.

    Plus en hauteur : les richars.
    Propriété que des communistes auraient divisé en huit familles, elle plantait des  jardins sur trois niveaux, dans lesquels jamais personne n'allait, autour d'une piscine dans laquelle personne ne trempait.

    Allez deviner la logique de ces gens-là !
    Occuper tant d'espace pour ne pas en profiter.
    Derrière murets ou haies, parfois caméras circulaires et panoramiques, ils dissimulaient au commun-des..., leurs trésors, leurs gadgets, la conscience traquée par leur Pa-radi(n)s.
    (À défaut de leur remettre le coeur à l'endroit, recouper quelques têtes, réduirait un loucher de cerveau).

    En bas, le couple de jeunes, juste bons aux fiestas qu'ils répercutaient jusqu'à trois heures du matin ; entre deux blagues à 5 cents (y'a pas moins ?), et l'émancipation braillarde de l'alcool.
    (Que ne feraient-ils, ceux-là aussi, pour noyer leur ennui ?)

    Boris regarda sa rivella, sa chaise en plastique et son jardinet où surnageaient quelques fleurs.
    Bon ! Les salades, au fond, poussaient bien.

    Sa bonne femme tambouillait, enfumait, cernée par des bruits d'assiettes et de fourchettes, impatiente d'exposer sa production.

    Boris se leva.

    Il était 19H30.

    L'heure pour le barbecue de chauffer.

    Tous ces zabrutis ne tarderaient pas à "embarquer".

    Parce KE - CE SOIR - "chez Boris", ce n'était pas "Soirée Disco",
    PLUTÔT,
    SWArée - NeighBOURS".

    Boris détestait l'été.