• Histoires d'Avent

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    Qui n'a pas été enfant, Ding-gue-Ding Dingue-Dindon
    Qui ne l'est toujours un peu plus au fond ?
    Ding-bing-Bong Big-Biberon
    Si vous l'avez oublié ou ne l'avez été,
    Oyez le Jadis, ce qui fut, Bing-gue Bing, Bingue-Babé.

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    Et si le Soleil N'aimait pas Julie ?

     

    Assise dans le sable, les poings enfoncés entre ses jambes écartées,
    Julie pousse son chapeau de paille contre le soleil, riant de son ombre
    déformée par les vagues du sol.

    « Noël au Soleil, Soleil à Noël »,
    chantonne Julie tandis que sa mère la hèle et qu’elle ne l’entend pas.

     

    Le petit refrain la grise, l’égaye et appelle la fête là ou dans les pays
    froids, elle est annoncée par la neige et le froid.

     

    Rien de meilleur que le sable qui pique et qui brûle,

    les traînées d’écume sur sa peau,

    les vagues la bousculant sans cesse pour...
    qu’elle s’en aille.

    Taratata, elle reste !

    Hé, non ! Car maman s’énerve vraiment, de loin, comme ça …

     

    Il faut répondre Sinon
    Ne pas penser au « Sinon ! »
    Il est toujours suivi d’ennuis.

     

    La nuit, dans son lit, la peau de Julie la pique et la brûle.
    On dirait du sable oublié.
    Elle allume et observe avec attention chaque partie de son corps.
    Des petits points rouges y naissent ici et là pour parfois prendre forme :
    un chapeau papa Noel, une boule de sapin, un renne…
    Au début c’est amusant,

    et puis cela frotte
    et pique
    et gratte,
    jusqu’à la douleur, jusqu’à la première larme …

    Le lendemain, le docteur baragouine des mots inconnus à ses parents inquiets.
    Ils lui en traduisent un : « allergie ».
    Il faut de l’ombre, des crèmes et … de la patience…

    Voilà qui ne va pas être facile !

     

    Plus de soleil, plus de mer, plus de plage !

    Julie n’ aurait-elle pas été sage ?

     

     

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    Quelle enfant mériterait une fête sans lumières quand tant d’autres
    célèbrent sous le ciel bleu la veillée en famille ?

     

    A moins que …
    Non,
    n’est-ce pas...
    une telle vérité serait encore plus cruelle …

    A moins … que … le soleil …
    n’aime pas julie, ...?
    Julie si blanche et si douce qu’il la brûle à la première caresse …

     

    Pourquoi Julie le soleil ne t’aimerait-il pas ?

    Et s’il ne voyait que toi, lorsque tu es là

    Et qu’il en oublie la force de ses rayons ?

     

    Un soleil amoureux ?
    Ce serait comme un Noël dans un pays chaud !

     

     

  • Perrette et le Sot trop Laid

    Christian avait vu le type arriver en premier, le visage aussi rond que ses
    lunettes et d'une mollesse à donner envie de le gifler.
    Un peu plus tard, était arrivée la fille en bibendum de laine : bonnet enfoncé
    jusqu'aux paupières, l'écharpe en bandit de grand chemin, le pull épais de
    dix pelotes sur un pantalon joufflu.

    - Alors ce n'est pas super comme idée ?
    - Chuber !, elle posa ses mains gantées sur les coudes.

    Il faisait assez froid sur la terrasse du restaurant à proximité du lac que le
    brouillard enfumait encore.

    - Ça ne te plaît pas ?
    - Chichi !

    Néanmoins la tenue dégagée du garçon jurait avec le look peluche de sa compagne.

    - Tu peux enlever ta grosse écharpe histoire d'articuler un peu mieux ?
    - Impochible.
    - Tu ne ressens pas l'originalité de la situation, c'est ça ?
    - Che rechens churwtout le frwoid !

    La conversation échappa à Christian le temps d'un camnion qui racla la route,
    pourtant il soupçonna l'imminence de leur départ ; la jeune femme paraissait
    tellement momifiée qu'aucune de ses réactions n' était perceptible, lui, par
    contre, sentait l'exaspération.

    - Le prwoblème entrwe l'homme et la vemme, ch'est le chexe

    Christian avait dû rater pas mal de répliques !

    - Ce n'est pas ce qui nous rapproche ?
    - Erweur ! Ch'est tout le gontrwaire ! ... -
    Ce fut, cette fois, une moto qui zébra l'explication - ... notrwe berwcebtion
    de l'autrwe.
    On désirwe tellement l'aurtwe g'on ne voit plus gui il est et nous l'aggusons
    pourwtant de nous avoir trwompés surw la marwchchandisse.
    - Alors qu'allons nous faire ?
    - Nous dirwe Adieu !
    Adieu sorties à prix réduits, restos réfrigérés et étreintes réchauffées !

    Brusquement la fille se retourna vers Christian et écarta son écharpe :

    - La photo, je vous la propose pas, vous devez déjà l'avoir.
      Un autographe peut-être ?

    Christian lui sourit.
    Elle avait fait l'effort, pour lui, et seulement pour lui, de retirer l'écharpe ...
    Une promesse ? ...
    Peut-être ...

  • Noce, Feras-tu ?

    Tandis que la fête hurlait ses guirlandes et confettis, Ludivine,
    en accordéon dans un recoin, ne soufflait pas dans son tube
    déroulant, sans conviction.

    - Tu t'amuses follement ?

    Le nouvel arrivant affichait une élégance athlétique trempée
    de zénitude ; Ludivine se contorsionna comme si son rire la
    ravageait dans un silence qui aurait effrayé un sourd-muet.

    - Tu as fait ton repas-rage ?, reprit Archibald de Ping-Pong
    en singeant re-pé-rage.
    - Ouais mais rien d'appétissant, répondit Ludivine trop
    sérieusement.
    - Pas même un p'tit coup ?
    - Juste un petit noir, au buffet.

    Archibald baissa son regard sur un jeune homme éteint, puis
    ostensiblement en mode recherche, parut vite insatisfait.

    - Tu n'as pas vu Florimond ?
    - Tiens ! Non. Pas depuis un moment ...

    Ils se redressèrent dans un ensemble proche de les rendre
    suspects pour arpenter dans une direction différente, le
    luxueux appartement dont l'adresse leur avait été livrée
    par cadavres interposés. Dans le quartier huppé de la cité,
    il devait représenter le sommum du mauvais goût gagné sans
    une larme de sueur sur le front de ses propriétaires.
    Après avoir traversé couloirs et pièces attenantes, c'est dans
    une dernière salle de bains qu'ils identifièrent plus ou moins
    Florimond.
    Archibald freina sa surprise à la vue de son ami gisant dans
    le lavabo, les cheveux en éventail dans un costume passé à
    la chasse d'eau.
    Ludivine lui releva délicatement le buste et en sursauta.
    Archibald réalisa l'horreur quand lui-même decouvrit les
    boursoufflures en double volume du front, les yeux exorbités
    et les dents en défenses d'éléphant. La langue enflée empêchait
    de fermer sa bouche.
    Florimond leur marmonna des mots qu'ils ne purent décoder
    mais qu'Archibald releva d'un :

    - Ben heureusement qu'on est à un bal masqué !

    Ludivine le contra immédiatement d'un :

    - On est peut-être transformés dans ces cas-là mais pas à ce
    point ... Il faut l'emmener au Centre.

    Ils le prirent chacun par une épaule et s'éclipsèrent ainsi le plus
    secrètement possible.

                                                        * * *

    A destination du toit de l'immeuble, ils vérifièrent le désert des
    étages puis une fois sur le rebord, prirent leur envol lorsque la
    chauve-souris, en eux, fut déployée.
    Ils se posèrent sur la tête du building le plus impressionnant de
    la ville et y époussetèrent la pollution que les cieux urbains
    avaient mêlée à leurs fibres.
    Il pénétrèrent ensuite le sanctuaire dissimulé sous la société
    high-tech qui illuminait le nom des laboratoires, les plus en vue,
    dans la nuit.
    Dans le locaux à cette heure, tout le monde était sorti mais ils
    purent joindre le docteur Monroe qu'on surnommait Marilyn à
    cause de ses cheveux blond platine.

    - Oh ! Encore un cas !, s'exclama-t-il en examinant Florimond

    Archibald et Ludivine attendirent les détails.

    - Des allergies se manifestent un peu partout ce soir. Je
    n'arrête pas de voir des amplifications de notre processus de
    transformation.

    - A quoi c'est dû ?
    - Si je le savais, je ne serais pas si inquiet ...
    - Personne n'est à l'abri ?
    - Pour l'instant, non.

    Le docteur Monroe se redressa comme s'il maîtriserait dorénavant
    les événements.

    - Vous deux, en observation et je vous mets sous transfusion
    filtrée. Quant à Florimond, on va essayer d'enrayer ... comme pour
    les autres.

    Soupir de tous.
    Au petit matin, le docteur Monroe retrouva Ludivine et Archibald,
    endormis dans leur cercueil.
    Il les éveilla avec une bonne nouvelle.

    - Il s'agit d'une allergie au sang Rhésus B Positif. Ceux qui n'en ont
    pas bu, sont tranquilles. Apparemment c'est votre cas.

    S'ils avaient pu respirer, les deux autres auraient repris leur
    souffle.

    - Pour plus de sécurité, aucune sortie, aucune fête, tant que je n'ai
    pas créé l'antidote.

    Décidément, être vampire c'était la CROIX sans la BANNIÈRE.