• L'Événement

    En hommage à Georges PEREC.

    E2retouche.jpg

     

     

     

     

     

     

     

    chevelé,
    Herbert élève les yeux vers le reflet.

    Le rêve cède : le réveil préfère le présent que les fenêtres près des
    persiennes celèrent d'emblée.

    Quelle erreur de penser cette scène éphémère.
    Stress le guette.

    Présenter nettement les termes de ses siestes d'été, ne permet guère de
    brèches ; légende régénérée sert de remède :
    Herbert erre en des venelles, esseulé, repère quelques fresques que des
    stelles encerclent.
    Des gens viennent, le prennent, enlevés d'un jet, reprennent entre des
    ebénacées.*

    Deux êtres zelés encensent derechef :
    - Sers le Mécène et reste chez ses élèves, émet le premier
    - Emblême des elfes ? célèbre l'éphèbe.

    - Je n'entre. Le Père me requiert - éjecte Herbert

    L'Être des Tenèbres se dresse, tempête et ses séquelles zèbrent le rebelle.

    - Rejeter l'échec emmène vers l'Eden. Je recèle Père et Frère.
      Sèche l'encre des lettres, écervelé tellement externe ! J'exerce le serpent ;
      remets tes semelles et tente le règne de l'excellence.

    Ensemble envers mésententes, Herbert et l'Éventré descendent les
    enchevêtrements de l'Enfer.

    - Prétendre être le Père est léger.
    - L'Enfer verse de belles pensées !

    Terne legs éventé que réserve le règlement :
    éternellement enfermé, Herbert exècre le secret.

    Le Réel renverse le Rêve,
    l'Être des Ténèbres teste ses réflexes.

    l'Être reste Eternellement.

     

    Vous n'avez rien compris ?
    Rassurez-vous.
    L'auteur non plus !

     

    * ébénacées : famille de plantes des régions tropicales.

  • Tout Dépend du Point de Vue

    Perspective n° 1 : Pakistan

    Gertrude avait décidé de partir.

    Ainsi de fil en toile, s'était-elle retrouvé dans un bagage semi ouvert,
    dans la soute d'un avion fait de cahots, en voie aérienne pour le pays
    de ses ancêtres.
    Bien que les tremblements du zinc l'aient empêchée de se concocter
    un hamac à sa taille, elle avait pu en contrepartie bénéficier d'une
    épaule assez généreuse pour la transporter jusqu'aux douanes.
    Après une éclipse digne d'un agent secret, elle avait bivouaqué
    d'attache-case en paniers pour se retrouver sous une frontière de
    montagnes au bas desquelles s'asséchait une verdure plus présente
    que prévue.
    Sitta Da Kotha, Kharbüja, Tibbe défilaient sous ses pattes jusqu'à
    parvenir à la province de Sindh.
    Les inondations n'avaient pas épargné la région mais n'était-ce pas
    le prix à payer afin de se rendre utile ?

    Elle désirait plus que tout évoluer dans ce cadre de mission
    humanitaire : participer à la lutte contre le paludisme.

    Habituée aux fenêtres oubliées, aux greniers sans fantômes, aux
    angles de plafond hors de portée des têtes de loup ou balais, elle
    renoncerait désormais aux toits surchauffés de l'occident.
    Elle contempla le paysage et admira les arbres sous mise en plis que
    ses comparses avaient merveilleusement tissés.

    spider.JPG

     

     

     

     

     

     


    Quoi de plus idyllique que ce cocon dont elle rêvait de ne jamais se
    libérer ?

    Soie et résistance ...
    Elle aperçut un discret comité d'accueil à l'ombre des campêches,
    et se dirigea vers lui.
    En tant que citadine, elle se sentit un instant déplacée parmi ces
    araignées géantes mais l'instinct d'appartenance à cette grande
    famille, remotiva son élan.

    araignee.jpg

     

     

     

     

     

     

     

    Elle s'y ferait.

    N'avait-elle pas survécu aux hivers de l'Europe du Nord ?

     

    Perspective n° 2 : Inde

    Non. Ce n'était pas ce petit bruit qui l'avait intrigué.
    Non-non.
    Plutôt l'absence d'écho, le silence autour du petit bruit.
    A cette heure plus de motos surchargées qui n'effrayaient aucune
    des vaches affalées sur les bancs de sable entre deux routes.

    Le village de Guwahati ne tarderait pas à s'endormir.

    Sa maison à lui blanchissait dans le coucher de soleil puis sombrerait
    à nouveau dans sa misère.

    Se savoir entouré de ses voisins ne le rassurait pas parce qu'il se
    doutait que le petit bruit les avait alertés - eux aussi.
    Sur un semblant d'herbe, le petit dernier de la famille d'en face,
    soulevait ses fesses et les faisait retomber dans un exercice de
    musculation dont il ne se lassait pas.
    Derrière une des fenêtres le père surveillait ...

    LUI, Il guettait.

    La nuit avançait sur le sol et il redoutait le moment où elle atteindrait
    ses pieds.

    Le petit bruit devint plusieurs.

    Saisi par un soubresaut sur place, il nota dans le coin d'un oeil, la
    mère qui marchait lentement vers son bambin et observait la même
    zone que lui, ne prenant l'enfant dans ses bras qu'après avoir vérifié
    ce qui s'amassait là-bas, dans les arbres, peut-être déjà à leurs
    pieds.
    Lui,
    n'aurait su dire si l'ondulation mouvante à la limite de l'obscurité
    l'effrayait.
    En fait,
    il attendait.

    Il perçut leur impatience qui cliqueta quelques secondes plus tard sur
    les cailloux qui les séparaient de leurs proies.
    Il se rappela le scientifique de l'Université de Dibrugarh, qui avait
    précisé dans le journal :
    " elles sautent sur tout ce qui se rapproche "

    Quelqu'un devra absolument rectifier son propos :
    point n'était besoin de se rapprocher.

    Elles venaient à eux - toutes seules !

    Il distingua bientôt leurs crochets puissants sous le corps énormément
    velu.

    spidegeant.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Il voyait devant lui, le dernier fléau  - mais - ce qui le terrassa -

    ce fut l'immobilité de la femme :
    renonçant à fuir malgré le bébé serré contre elle.

  • Ne m'Appelez PAs MAdAme LA SAvante Folle, ÇA MINERVE !

    Il est vrai que le Réducteur de Poussières devait lui donner du fil
    à retordre : en effet, comment expliquer "commercialement" la
    technique hachée-menue des poussières qui les rendait encore plus
    nombreuses même si invisibles ?
    Déli-CAT !
    Pour autant, Ariane ne semblait pas perdre le fil de Sa visite qui
    par delà les portes vitrées entraînaît dans son exposé une file de
    clients potentiels.
    Quant au Détecteur de Répondeur, elle le présenta comme si
    aucun fil blanc ne l'avait couturé ; sans bande son, Dorothy
    devinait les mots sur ses lèvres :
    - Il détecte la présence d'un répondeur sur le téléphone appelé -
      La Seconde - avant qu'il ne s'enclenche " avec le sourire de celle
      qui annonce un véritable miracle.

    Dorothy enfla un soupir.
    Son principal problème était de ne plus pouvoir inventer le fil à
    couper le beurre, étant donné qu'il avait déjà tranché une motte
    de beurre quelques siècles plus tôt.

    « VOU ZAVEZ EKZAKTEMENT 8.0 GLAÇONS DANS FOTRE CONGÉLATEUR »
    s'égosilla le Compteur de Glaçons, dispositif qu'elle avait annexé
    à la porte du réfrigérateur.

    - C'est prêt ?, demande Ja-Qui? JAMONGÉNÉRAL.
    Tenant encore un fil vert dans la pince, Dorothy le regarda
    évasivement.
    - Apparemment tu veux un scotch
    - Non. Je te parle de MINERVE
    Elle revint sur la boîte supraconcentrique dans laquelle elle devait
    infiltrer l'amorce fusitrongineuse indispensable au relancement du
    moteur.
    - Presque ...

    Un bruit métallique les interrompit et ils aperçurent le Salisseur
    de Paillassons butant sur l'entrée du laboratoire.

    Ce fut lui qui provoqua son DING !!!

    Doeothy.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Elle relia instantanément le circuit vert au violet sans endommager
    le noir et poussa son cri de victoire :

    - PAD'PITié pour les PASS'TEMPS !

    Le succès ne tenait parfois qu'à un fil ...
    ... qu'Ariane s'empressa de rattraper en entrant brusquement dans
    leur zone de travail avec les investisseurs (possibles) juste dans
    son dos et déclara, un index pointé sur l'invention que Dorothy
    avait achevé :

    -Le projet MINERVE !

    Minerve.jpg

    Désigné ainsi en raison de la Déesse
    protectrice de la Cité, de la Vie Civile,
    non seulement détentrice du Foudre de
    Zeus, mais aussi de son Bouclier,
    guerrière impitoyable lorsque l'État
    ou le foyer, était menacé.

    - Et à quoi sert cet engin ? demanda
    l'un des financiers.
    JA-QUI? lança une oeillade à Dorothy
    qui la capta de suite. « Oui !
    Il y avait des gens qui croyaient
    réfléchir ...»

    - Le projet MINERVE défendra nos villes
      nos pays, contre d'éventuelles attaques
      - claironna Ariane
    Ce qui fit hululer un "Chouette" dans
    l'assistance.
    - Comment ? poursuivit l'adepte de Rodin
    - Elle réduira à des particules infiniment microscopiques
      quiconque ou quoi que ce soit attaquant nos défenses.

    Dorothy crut bon d'ajouter :
    - Il suffit d'appuyer sur cette manette !

    Malheureusement, l'Obéisseur Immédiat, (qui furtetait toujours
    dans les parages), espéra être interpellé pour accomplir la mission
    pour laquelle il avait été conçu, soit faire ce que l'humain n'avait
    pas
    forcément envie de faire.

    Questionnant l'auditoire par réflexe : " Vous partez non ? " - devant
    le silence de tous, il leva sa poignée pour l'abaisser sur celle de la
    machine.

    - OliVIER ... NOOOONNNN ... ! ......

    One, Two, Three ..... À TEN, c'était fini.

    Dorothy ne connut même pas la joie de voir sa création bel et bien ...
    ... MAR-CHER .