• Si tu Exauces des Voeux, CONSEIL : "sois vach'ment prudent"

    « Firmament ... Appartien... Appartien... Firmament »

    Litanie en partance vers les étoiles, le murmure de l'enfant, tête renversée, répondait
    aux frémissements des cieux au-dessus de lui, au-dessus du balcon où il s'isolait,
    au-dessus de la demeure à colonnades aussi Blanche que la Maison du Président -
    (mais là, c'était celle d'un homme vraiment puissant), toute en terrasses et vérandas,
    se pavanant sur les jardins avec jets d'eau intégrés.

    - 6 chambres avec salles debains (dont 3 jacuzzi),
    - Salon ostensiblement écarté de la
    - Salle à manger,
    - Cuisine tout terrain,
    - Salles de jeu en sous-sol auxquelles s'ajoutaient
    - Un espace sport,
    - Une buanderie
    - 3 parkings sous-terrains relayés par 3, extérieurs.
    Enfin
    - Piscine, Sauna et Home-cinéma à tous les étages et même,
    ...DEHORS !

    Où en étais-je ? ...
    Ah ! Oui.

    Soudain,
    l'une d'elles (les zétoiles pardi, faut suivre toutd'mêm' ),
    grossit démesurément et brilla jusqu'à aveuglement en descendant vers l'enfant.
    Elle se posa sur la rembarde et prit forme :
    entre le feu follet et l'elfe, la silhouette arborait grâce et sourire.

    - Salut à toi petite âme. Je suis ton bon fléau, Monsieur War-
    - Mon bon fléau ?
    - Ouais ; l'équivalent d'une bonne fée mais pour un gars.

    Le gamin croisa les bras, le nez chiffonné.

    - En quoi ça consiste ?
    - Tu te projettes dans l'avenir et je mets le plus d'obstacles possibles entre toi et
       ton objectif.
    - Pourquoi ?
    - Pour rendre ta vie plus excitante, plus intéressante, ce qui fait que  c'est ta vie,
      pas celle d'un autre.
    - Il y a toujours des obstacles dans la vie, non ?
    - Sûr - mais je ne t'offrirai que des obstacles UTILES.
    - Pour ça j'ai pas besoin de toi. J'ai déjà mes parents et, parfois, ma soeur.

    Agaçant, le gamin.

    - Te garantissent-ils le résultat ?
    - Et toi ?
    - Tu veux conquérir le monde ? Le posséder ? Le dominer ? Le régenter ? ...
    - Ô-ça, mon père l'a déjà fait, l'interrompit le petit garçon
    - Appelle- moi Deb ! Du coup, puisqu'on est intimes, dis-moi ce que tu voudrais faire
      de plus que ton papa. Je pourrai bien t'aider à le réaliser, tu sais ...

    Les yeux d'ange le scrutèrent.
    La tendre bouche réfléchit.

    - Le     détruire ?
    - Le : qui ?
    - Le monde évidemment. Je ne vois rien d'autre pour aller plus loin que mon père.

    Un gosse précoce, ou bien ... ?

    Un sourire étira vilainement les joues de pêche.

    - L'intérêt, c'est que je mettrai au chômage des poires ailées dans ton genre.
      Tandis que mon père s'est contenté de rendre esclaves de simples humains. Tu vois ?

    Oui.
    Deb voyait très bien.
    Et il le voyait - TRèS MAL.

  • Home, Sweat Home : " Le Comte Hans Kühla "

    - Tu parles d'un trou pour des vacances, toi !

    Le Vlatypazunbled, pays des orages et des gilets en fesses de chamois retournées,
    n'accueillait pas ce soir-là, Fugitive et Hach'Hardie (surnoms de combat dans le MMORPG
    - Massively Multiplayer Online Role Playing Games - "Guiboles et Muscles", tant usités par
    les deux comparses).

    - Écoute, estimons-nous heureux d'avoir un abri, transigea Hach'Hardie
    - Un abri ?
    Arcade sourcillière en alcôve, le regard de Fugitive évoqua un silencieux "Tu-appelles-ça
    -comme-ça-toi ?"

     

     

    Sur fond de montagnes électriques, se décalquait le château en ombres 3D, soumis aux
    effets spéciaux d'une nature en pleine crise de rage ; Une ascension hérissée de pièges
    à faits divers, les narguait.
    Ils se mirent à escalader, escaladèrent, escaladèrent, escaladèrent, re-escaladèrent,
    sur-escaladèrent et enfin, .................................................................escaladèrent.Hanskula.jpg

    Parvenus à d'arrogantes grilles, ils furent scannés par la caméra en forme de globe
    oculaire fixée au-dessus d'une sonnette.

    - Que chchairché-vuou en ze lyweu rrrekulaid et déwastté ? résonna lugubrement
    l'interphone.

    Comme Hach'Hardie hésitait, ce fut Fugitive qui appuya sur le bouton de réponse :

    - Désolation, Destruction et pourquoi pas ... un gîte pour la nuit ?

    Hach'Hardie lui mima LE signe réservé aux folles-dingues dans son genre, ce à quoi
    elle répliqua par une crue de mains et d'épaules.

    - En ze kass, SSsssoyiez les Bienfenus ! leur répondit-on

    Les herses s'ouvrirent - sans un grincement.
    Phénomène qui engendra le commentaire à la frontière de la coquetterie dans le
    minuscule haut-parleur :

    - Ye les zai fffait hwuiler.

    Au bout du chemin, la demeure sans porte, s'effaçait derrière la stature de viking de
    son propriétaire aussi roux qu'un irlandais de romance ; le tonnerre alentour
    semblait avoir sculpté le torse et les épaules du géant.
    Il sourit sur des dents limées de guerrier mangaesque.

    - La domechtizité est en conché. Veuillyiez ekchkuzer l'hozpitalité dézuète.

    Lorsqu'ils dépassèrent le seuil, ils ne découvrirent que quelques murs tenant
    difficilement entre des touffes d'arbres et quelques herbes élimées.
    Dans son manteau de roi oublié, leur hôte les entraîna vers un banc sur lequel
    papillotaient des bougies et servant apparemment de table, des pierres autour en
    guise de sièges.

    - Ze you zen prie, Prrrené Platza !
    - Nous ne voudrions pas abuser ... , ironisa Fugitive sans attirer pour autant le
    regard du prince plutôt monopolisé par Hach'Hardie.
    - Je mâppelle le Comte Hans Kühla, annonça-t-il en serrant la main du garçon dont
    il s'était un peu plus rappoché.
    - Fou zallé me rakonté fotre petite afentür pendant le tîné ..., et il prit Hach'Hardie
    par les épaules pour le mener au simili-salon.

    - Che peux fou propozer un lit pourrr la nwuit, poursuivit le comte en désignant des tas
    de feuillage coincés au hasard entre des blocs de granit.
    - Merci beaucoup, souffla Hach'Hardie

    Était-ce le mot de code à ne pas prononcer ?

    Toujours est-il que c'était sur ces deux mots à peine audibles que Le Comte avait sauté sur
    Hach'Hardie, le manteau échevelé, les yeux en sang, des griffes surgies de main en
    épouvantail, le tout servi avec un hurlement remontant à l'époque des Titans.

    Fugitive bondit, gicla sur le sac à dos deux rochers plus loin en les évitant, l'éventra
    pour s'emparer de son lasso magnétique qui vint ligoter l'assaillant tandis que reprenant
    énergie et concentration, Hach'Hardie éjectait minutieusement sa hachette de sa ceinture
    multi-combats et tranchait la tête de Hans sans mémagement.

                                                       GAME IS OVER

    Nathan et Sylvie retirèrent leur casque.
    Ils notèrent le test.

    - Ça ne vaut guère mieux qu'une étoile !
    - Ouais, l'attaque surprise vient trop tard et n'est pas assez puissante.
    - OK. On se lance dans le 2ème jeu ? Il n'est qu'une heure du mat !
    - Tope-là !!!

                                          GET READY FOR THE NEXT BATTLE

  • Home, Sweat Home : " I Loft you "

    La cage s'élevait par secousses apathiques, aussi épuisée que Loïs elle-même.
    Avec l'été, les touristes ne désemplissaient pas la terrasse du snack où elle
    louvoyait entre bières et coupes glacées.
    Enfin à l'étage, chez elle, elle lança chaussures et casquette dans l'entrée pour
    s'effondrer sur le divan.
    Elle aimait, terriblement, cet appartement qu'un ami dans la construction lui
    avait remis à neuf ; le devis arrangeant en raison de leur liaison, n'avait pu
    empêcher la ruine de celle-ci au fur et à mesure que les travaux aboutissaient.
    Au lieu d'une amourette,
    elle avait hérité de cet  e s p a c e  où clartés et reflets offraient un nid au-
    dessus du bruit de New-York.

    Loft.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Depuis, vie sentimentale à plat !

    Il y avait bien eu cet homme de secours, un Cole, jetant conversations sur mots
    entre les commandes qu'elle servait néanmoins l'aventure avait fini aux urgences.
    Il avait glissé sur un sol noyé après un bain pourtant quoi-de-plus-normal et
    s'était assez maladroitement blessé.
    Rentrée, elle avait constaté un sol aussi sec qu'une rue mazoutée après
    ventilation.
    Malaise ...
    La fatigue l'endormit à l'instant, sur les coussins du canapé, bouscula ses rêves
    pour les éteindre avec la lumière du petit matin qu'elle suspecta entre les
    volets ... FERMéS?
    Quand ?
    Peut-être agissait-elle en son logis comme au café : par semi-automatisme...

    - On dirait que ce loft se montre - attentif, affirma sa voisine, Sabrina, venue
    partager la crème glacée du spleen sur vendredi soir.
    Le silence de Loïs sembla l'interroger.
    - Tu n'as jamais remarqué ? Dès qu'un type se pointe ici, il lui arrive pis que
    pendre ... Rappelle-toi ces incidents très louches :
    1) Fritz le maçon contré par un mur
    2) Cole et la salle de bains tueuse
    face à d'autres situations aussi inexplicables :
    3) la vitrocéramique éteinte mystérieusement seule avant que le lait ne déborde
    4) la plante qui n'était pas tombée de la mezzanine grâce au guéridon déplacé
    par magie
    5) la fenêtre fêlée par les grêlons dont la trace s'était effacée sans l'indispen-
    _sable réparation
    Et j'en passe ...
    - Tu insinues qu'il est hanté ?
    - Pas du tout. Il est VI-VANT !
    C'est un être à part entière. Il pense, il ressent et il y a de fortes chances pour
    qu'il soit tombé amoureux de toi. D'ailleurs je risque sans doute ma vie à
    révéler ainsi son secret ...
    Brusquement, Loïs vit l'ombre d'un rire dans le regard de Sabrina, une seconde
    avant qu'elle ne s'esclaffe, bientôt difficilement imitée par Loïs.

    LA-mour de Sa Vie aurait donc un plafond démesuré et une baie à se damner ?

    Un soir, Loïs rassembla ce qu'il y avait de plus courageux en elle et s'assit en
    tailleur au coeur du salon ; au bout d'un silence de crypte abandonnée, elle
    proféra avec la plus grande fermeté :

    - Si vraiment tu m'aimes, fais-le moi savoir.

    Durant quelques minutes, Néant ...
    Puis un frémissement
    une lueur
    venus du plafond,
    une lampe, deux, les plafonniers suivis des appliques,
    enfin les éclairages de la cuisine + salle de bain clignotèrent, successivement,
    de plus en plus vite, sans que Loïs ne toucha aucun interrupteur.

    Dans l'obscurité revenue soudainement, Loïs se leva, enlaça un des piliers
    et y déposa un baiser,

    pour toute réponse.