• Le 13ème Trav'lo D' Hercule

    Après avoir fait une descente de lit de l'indescendable Lion de Némée,
    Après avoir terrassé l'Hydre dont les 9 têtes avaient failli mettre la sienne au carré,
    Après avoir erré un an dans les forêts de Cérynée pour capturer le Cerf aux Cornes
    d'Or (Artémis aurait dû réfléchir au symbole anti-marketing au moment de
    consacrer l'animal ...),
    Après avoir pris au piège un sanglier à la hauteur des appétits d'Obélix,
    Après avoir détourné deux fleuves en un geyser pour se faire valet d'écurie chez
    Angias,
    Après avoir éventré de ses flèches les oiseaux du lac Stymphale,
    Après avoir castré le taureau de Minos,
    Après avoir aplati Diomède et sa cavalerie,
    Après avoir massacré les amazones et leur reine Hippolyte,
    Après avoir écarté deux montagnes rocheuses qui l'empêchaient de passer avec
    les troupeaux de Géryon,
    Après avoir berné ce benêt d'Atlas en fuguant avec les Pommes d'Or du Jardin des
    Hespérides,
    Après avoir porté Cerbère (un chien avec une tête, c'est déjà beaucoup, alors
    avec trois !!!), en délivrant Thésée de la Chaise de l'Oubli,

    ...Le TOUT pour satisfaire l'ego flemmard de cet Eurysthée de malheur,
    Et bien, disons que ...... HERCULE .....................................................................
    .................................................. EN EUT MARRE !
    (soit! Il avait assassiné sa femme et ses enfants mais tout d'mêm' !)

    L'expiation, la bravoure, la ténacité, l'héroïsme, ...................................................
    .................................................... RAS LE BOL !!!!!!!!!

    Aussi quand se pointa cet homme-femme maquillé(e) à outrance, qui semblait
    sortir de la cuisse d'Antée (redoutable Géant Athlète qu'il affronterait plus tard),
    il se dit que se situait sa véritable épreuve.

    hercule.jpg

     

    Il parvint à articuler :

    - « Ma main vaut mieux que ma langue,
         Laisse-moi vaincre en luttant,
         Tu pourras vaincre en parlant

    L'autre étira un sourire appréciatif et
    lui sussurra d'une moue provocatrice :

    - D'accord mon chou.
      Je suis toute prête à occuper tes mains
      pendant que je me sers de ma langue.

  • Vera Noberts n'existe pas.

    Evangeline ne resterait pas plus longtemps.

    Décision scellée en même temps que sa lettre de démission.
    Elle "exécuterait" son dernier devoir puisque le docteur X... (hfuffffff ¨¨¨...)
    l'avait convoquée, à la suite de quoi elle quitterait ce lieu de perdition.

    La Commission de Contrôle, et Service et Hygiène et Santé DE l'État avait -
    une fois de plus - reporté les vérifications demandées par un organisme privé
    non identifié non répertorié non officialisé, sur les installations et les traitements
    choisis par

                                       L'ÉTABLISSEMENT.

    Hier soir, elle avait téléphoné à sa mère pour lui annoncer sa décision mais elle
    préférait lui donner de vive voix, seule à seule, les motifs de son départ.

    Maintenant dans le bureau du docteur X...(hfuffffff ¨¨¨...) elle l'écoutait avec
    une sourde stupéfaction, lui confier une mission d'accompagnement :
    « elle devait escorter un patient »   qu'elle ne suivait pas.
    Elle avait discuté de son cas avec deux ou trois collègues, mais jamais avec le
    docteur X... (hfuffffff ¨¨¨...) son supérieur, qui TOUJOURS avait semblé
    réticent à parler méthodes thérapeutiques avec elle.
    En ce moment, il la fixait de son regard glaçant en lui justifiant sa présence
    féminine par «la vertu curative» de cette sortie.

    Elle en trembla.
    Elle ne pouvait refuser un ordre direct.

    Il lui avait promis un infirmier costaud qu'elle retrouva près de la voiture.
    Le sujet fut amené par deux gros bras et installé sur le siége arrière avec le
    gardien.
    Elle conduirait.
    Le soleil sur la route au travers des arbres la détendit.
    L'infirmier écoutait les louanges de son voisin sur le plaisir de mener un cheval
    et l'apaisement que cela lui procurait.
    " Souhaitons-le " commenta Evangeline pour elle-même, se remémorant deux
    ou trois échanges décousus avec le patient dans la Salle de Loisirs.
    S'engageant dans les bois qui menaient au Centre Équestre, elle sentit soudain
    le vigile lui tapoter l'épaule.

    - Excusez-moi docteur, pourriez-vous vous arrêter ? Le docteur X... 
      (hfuffffff ¨¨¨...)  m'a assigné avant que j'ai eu le temps pour une pause
      toilette ... Mais là ça devient urgent.
    Devant son air désolé, elle eut pitié.
    Pouvait-on envisager un thérapeute sans compassion ?
    A part le docteur X... (hfuffffff ¨¨¨...)  peut-être ?
    Elle eut un pauvre sourire que le malade, derrière, prit pour lui.

    Il trouvait le temps long.
    Le «gêolier» mettait beaucoup trop de temps à revenir.
    "La jolie petite docteur" devant lui, apparemment, le pensait aussi !
    Dans la Salle de Loisirs, elle avait daigné répondre à une ou deux de ses
    demandes cependant la plupart du temps, elle l'évitait.
    D'habitude il le prenait bien.
    Pourtant, là, seul, dans la voiture, avec ELLE, il trouvait, rétrospectivement -
    son attitude : énervante.
    Il aurait pu aller jusqu'à "insultante".
    Oui,
    INSULTANTE à son égard.
    Pour qui se prenait-elle ?

    Evangeline scrutait les alentours sans oser se tourner vers la vitre arrière pour
    vérifier le retour du gardien.
    Où était-il bon sang ?
    Le passager ne devait absolument pas sentir son inquiétude.
    Il leur fallait repartir ; on les attendait pour le cours de cheval ... Et puis ...
    Et puis ...
    Elle sentait l'agitation croissante du sujet, dans son dos.

    Elle n'aurait cependant jamais cru à ce qui s'ensuivit...

    On retrouva le corps d'Evangeline dans un sac, comme un déchet non recyclé.
    Comment et Qui oserait raconter à sa petite fille, sa mort souillée ?

    veranoberts.jpg

  • Faut Pas Rêver !

    Ça y'était !

    Casimir voyait trouble.

    Les chiffres atermoyaient, les codes se mélangeaient, le flux électrique se rengorgeait
    quelque part sur le circuit.
    La rupture ne tarderait pas et le savoir n'arrêterait RIEN.

    Quelques minutes auparavant, il était capable de gérer le système qui maintenant
    lui échappait ; ce dernier lui éjectait la disquette comme à un vulgaire disque dur.

    POfeuHHHH !!! ...

    Il y avait vraiment de quoi se taper le clavier contre l'écran.
    Hélas - il ne le pouvait.
    L'homme avec qui il travaillait, s'était affalé dessus, menton dans le café que son
    gobelet avait renversé, «malignenement», il en était certain.
    On avait évité de justesse le court-circuit.
    Pourtant l'état de veille dans lequel il se trouvait, n'était guère plus efficace.
    Il lui aurait fallu être éteint pour récupérer totalement.

    S'il provoquait l'extinction, le collègue paniquerait et commencerait des recherches
    des plus infructueuses.

    Simuler la panne, engendrerait des vérifications à n'en plus finir, dont il n'avait nul
    besoin.

    Le dormeur bougea.
    Il bafouilla deux gorgées de breuvage mal avalées, gargouilla.
    Casimir avait appris à reconnaître ces frémissements bavards, à les identifier comme
    un état latent :

    L'homme RÊVAIT.

    Et dans ce mot Casimir plaçait tout l'imaginaire qu'il était incapable d'avoir.
    Il y rangeait une infinité de possibilités, de calculs prometteurs ...
    Il enviait le rêveur.

    Parce qu'après cette "sauvegarde de seconde zone"
                                                              (Casimir l'avait désigné de la sorte),
    l'homme semblait récupérer des forces cérébrales :
    il purgeait par ce biais, des cases mémoire à nouveau exploitables, ce qui lui évitait
    la "plantade".
    Il vidangeait ses pensées pour optimiser sa nouvelle réflexion.

    Voilà ce qui MANQUAIT à Casimir : le Rê-Ve.

    Le rêve représentait le PARABUGGE.

    Mais comment se mettre à rêver ?

    Et surtout -
                              SURTOUT !

    Ordi.jpg

    Comment faire comprendre à ce dynosaure en sommeil palpant la souris comme un sein
    de fantasme ...
    (personnellement il n'y connaissait pas grand-chose mais à laisser traîner ses
    hauts-parleurs, il avait fini par saisir quelques allusions sur les besoins hygiéniques
    inévitables à la condition humaine) ...
    ... à ce dynosaure en sommeil palpant la souris comme un sein de fantasme qu'il devait
    lui inventer cette nouvelle fonction ?

    Autant demander à IBM de redémarrer une base ORACLE.