• La Taverne des Brigands

    taverne,cafe,restaurant,brasserieComme glissée au bas de la montagne, la ville de D... lacérée de ruisseaux -aux clapotis endormeurs - dispersait les passants dans les restaurants et cafés de la place centrale.
    A l'angle d'une rue se cachait la brasserie "Sans-nom-qui-donc-en-avait-un-puisque-le-nom-n'en-étant-pas-un-lui-servait-justement-de-nom".

    Elle comportait régulièrement un nombre d'hôtes, exact ! - rendus flous sous le voile
    plastique de la terrasse ou perdus entre tables et chaises hautes sur la partie dégagée.

    Chaque fois que Gaston passait devant, il lorgnait le menu qu'un tableau d'école
    affichait à la craie puis les clients puis le décor qui l'attiraient immanquabement.

    Ce samedi, il décida d'y entrer.

    Quatre jeunes femmes officiaient, assiettes en l'air ou contre elles et l'une d'elles
    l'installa près d'un bougeoir sous verre qui chauffait la salle.
    Gaston découvrit le coin du chef sur la droite collé aux cuisines dans lesquelles
    s'affairaient les "secondes mains".

    Il passa commande.

    En étudiant les lieux, il s'aperçut que le côté restauration était en fait très petit :
    des portes vitrées séparaient du reste un coin bar dont l'importance ne pouvait
    être soupçonnée ä cause de rideaux. Il nota quelques silhouettes.

    Des habitués ?

    Bien que sensible à son repas, il observa simultanément les allées et venues de
    certains d'entre eux ; la moitié demeurait assise autour d'une boisson derrière
    les linteaux mais tous âgés entre 45 et 65 ans, se connaissaient bien -
    il le sentit.
    Ceux qui se déplaçaient, soit discutaient avec des serveuses, soit taquinaient le chef,
    soit occupaient une table pour la déserter aussitôt, manège qui suggérait un statut
    de privilégié.
    Gaston releva l'agacement de la responsable de salle lorsque le plus vieux l'embrassa
    sur les deux joues en lui murmurant quelques mots. Alors que le restaurant ne
    servait plus, de nouveaux arrivants réservèrent avec une familiarité qui traduisait
    la certitude d'être obéis. Ils annonçaient, discrètement, (mais Gaston avait entendu),
    un groupe plus important dont les prénoms semblaient la clé de leur entrée.

    Pourtant d'autres prétendants à une table, peu avant eux, avaient été recalés.
    Pourquoi EUX ?
    Amis d'un patron en mal de reconnaissance ?
    Membres d'une organisation masquée ?

    Gaston avait cherché à identifier le patron ou la patronne ... sans succès !
    Cependant il était certain d'un fait : Ils attendaient le départ des clients de passage.

    Pour s'adonner à une activité secrète ?
    Contrebande ? Maffieuserire ?
    Il s'attarda autant que possible, les voyant s'installer un à un, au fond, contre l'auvent.
    Pourrait-il jeter un oeil avant de partir pour découvir ce qui les regroupait ?

    Il le put.

    En passant devant eux sur le pavé du trottoir -
    - L'épaisse transparence de la tenture en plastique lui permettant de distinguer un jeu
    de poker.
    Déception ! ...
    Amusement ! ...
    Il rit de lui-même pour condamner son imagination qu'il ne parviendrait jamais
    à tenir.
    Sur le chemin qui l'éloignait, sans se retourner par peur d'être suspecté, il ne
    vit pas que le jeu de poker avait été remplacé, et de ce fait, ne sut jamais
    par quoi.

  • Histoire qui Cloche

    pâques,chocolat.cloche,grands-magasinsCloche2.jpgpâques,chocolat,cloche,grands-magasinsCloche4.jpgCloche5.jpgCloche6.jpgTshirt.JPG

  • III) La Chute n'était pas si Prévisible !

    Rien n'était plus "chaud" que se faire "cuisiner" par le sosie de
    John Neville.
    (Aha ! On ne connaît pas ses classiques ? ...
     Éhé ! heureusement - il  y a les moteurs de recherche !)

    Les deux inspecteurs de police la jaugeaient comme si elle
    était responsable de toutes ces morts autour d'elle (ce qui était
    sans doute vrai).
    Le premier - français - sortait tout droit d'une série - française -
    le second - américain - aurait pu sortir ses menottes qu'elle s'y
    serait attaché elle-même.

    -Vous savez que la nourriture passe par l'œsophage ?

    Hun ? ... De quoi ? ... Pour sûr - Elle était en complète œso-phase
    avec lui !

    - L'air passe par la trachée, poursuivit-il devant son sourire d'ahurie -
      la glotte ferme la trachée lorsqu'on mange afin d'éviter l'étouffement
      ... Or le poison dont ont été enduites les touches du portable de
      la victime, permet de paralyser la glotte. Il a donc avalé par la trachée
      et s'est étranglé.

    Albertine avait-elle eu raison de confier ses craintes à Bélinda ?
    Depuis, l'inspecteur en charge de l'enquête aux USA avait demandé à
    la rencontrer via son homologue français.
    Elle les recevait chez elle, aujourd'hui, regrettant d'avoir confié ses
    doutes qui passeraient pour des lubies aux yeux de ces criminologues.

    - La victime du mariage de votre amie, s'appelait Jeremy Swindler. Il
      travaillait dans la finance mais à son compte. Il ne traitait qu'avec
      certains particuliers, à la fortune colossale, voire suspecte. Lors du 
      mariage, il a reçu des appels professionnels. Nous n'avons pas pu
      décrypter la teneur cependant tout porte à croire que des informations
      hautement secrètes ont été échangées, selon les dires du FBI qui
      surveillait votre cavalier. Les avez-vous entendues ?

    Ou pas ... (référence aux lubies plus haut).

    - Les entendre, je ne pouvais faire autrement. Les comprendre, c'était
      impossible pour moi : il parlait beaucoup trop vite et trop bas.
    - Bien. Parce que nous pensons que votre témoignage involontaire, est
      la cause de vos ennuis. Vous avez entendu ce que vous n'auriez
      jamais dû entendre.
    - Vous voulez dire que ma vie est devenue un enfer à cause d'un
      abruti qui a manqué de discrétion ?

    Il acquiesça sans sourire.

    Elle eut du mal à s'en remettre même après le retour du sexy man pour
    New-York. Elle redouta la moindre assiette ou la première ombre sur un
    trottoir jusqu'à ce que l'inspecteur français lui certifie qu'elle ne risquait
    plus rien : la brigade "anti-truands" (traduction albertinienne pure) outre-
    atlantique avait arrêté les protagonistes de "L'Affaire".

    En était-elle sortie pour autant ?

    Des semaines de travail entre trois voyages (ça évite le cliché) la faisait
    attendre en ce vendredi soir dans l'aéroport de Kuala Lampur, heureuse
    d'avoir remporté un contrat pour son entreprise.
    Dans l'avion parmi les innombrables chinois, elle repéra une compatriote,
    accompagnée de deux enfants, avec qui elle pourrait deviser pour
    se distraire pendant le vol.

    Elle s'installa confortablement dans son siège et se surprit à se détendre -
    EN-FIN !

    Le bœing 777 de la Malaysia Airlines décolla ; elle aurait préféré une autre
    compagnie nais celle-ci était la seule à proposer un horaire correspondant
    à son agenda.
    On annonçait le survol du vietnam quand un détail revint à l'esprit
    d'Albertine : le moment où l'hôtesse finissait d'enregistrer ses bagages.
    Cette dernière l'avait regardé avec attention puis souhaité un «bon vol»
    presque ... 
    douteux ?, maintenant qu'elle y resongeait...

    Le bruit devança le choc
    ou peut-être eurent-ils lieu  ... en même temps ;
    comment confirmer une telle impression en si peu de minutes ?

    L'avion était tombé à pic sur des manœuvres militaires.

     

                                                  Fin