• La Tentation de Chris

    - Chris.

    ...

    - ChrIIss !

    ...

    - ChrIIsss !!

    L'interpellé se décida à sursauter.

    - Oui Seigneur ?
    - ChrIs-s-s-s, à l'aube ob'-ob'-ob' de tes 18 ans tan-tan-tan et de ton premier
      compte bancaire kair-kair, tu vas devoir oir-oir affronter le réel el-el ...
    - Bien Seigneur.
    - Ngnt !    -
    Ngnt-Ngnt-Ngnt ...
    - T'aurais-je déplu Seigneur ?
    -
    Je te voudrais un peu plus concerné Chris.
    - Âoui ! ... Ô
    Seigneur -gneur-gneur ! Quel honneur infiniment cosmique
     
    mic-mic fais-tu à ton humble serviteur teur-teur ...
    -
    Bon. Il va te falloir vivre, 3 jours, sans assistance, dans un Centre Commercial
      à Coton-Les-Ouates et en pleine période de soldes. Tu n'auras droit à aucune
      carte bancaire, aucune espèce. Tu ne devras ni mendier, ni demander l'aumône.
    -
    (C'est pareil !)
    -
    Pardon ?
    - Rien.

    Et Chris de partir dans une voiture non climatisée dans la chaleur de l'asphalte,
    coinc
    é dans des embouteillages entre deux rues non ventilées,
    longtemps, longtemps, longtemps, longtemps, longtemps, longtemps, ...

    centre-commercial,galerie-marchande,soldes
    La galerie marchande fit alors miroiter ses baies vitrées au zénith alors qu'il se
    garait sur une place au soleil puisque le parking couvert n'offrait plus aucune
    possibilité.

    Le véhicule surchauffé ferait du retour un enfer.
    Heureusement le centre rafraîchi d'un souffle de tuyauterie le fit délicieusement
    frissonner, étirant ses escalators de haut en bas, entre des étages placardés
    d'enseignes sous des lumières d'avant-scène. Des autocollants ou des band
    erolles
    surchargeaient les vitrines pour annoncer pourcentages hors-concours sur
    invites à la dépense.

    centre-commercial,galerie-marchande,soldes

    À droite jeux vidéos,
    à gauche matériel électronique,
    au-dessus lunettes de soleil et chapeaux,
    au fond bonbons et chocolats,
    de biais BD et CD à l'écoute.

    De quoi en attraper le vertige !

    Un homme en costume vert l'aprocha.

    - Monsieur ! Ne renoncez pas à toutes ces occasions et à des prix défiant
      toute concurrence. Je peux vous faire profiter d'une offre exceptionnelle :
      La Carte JeuVoeux, illimitée en fonds, utilisable dans l'intégralité des boutiques
      de cette galerie, avec un taux d'intérêt minime, opérationnelle dès signature
      du contrat, libellée à votre nom, au code indécryptible.

    Chris réfléchit.

    _ Chris-Chris !

    L'interpellé n'hésita pas à sursauter en regardant plus attentivement l'homme en vert.

    - Seigneur ?
    - Chris, tu allais signer ...
    - Seigneur c'est pas du jeu ... En outre il ne s'agissait pas de carte bancaire ou
      de liquidité, encore moins de mendicité.
    - Vous êtes tous les mêmes, Vous, les Élus ... Et je passe mon temps à vous couvrir ...

  • Le Ventilateur, le Retour

    L'été frappait la région.

    Dégoulinante sur le divan, 3615, Sandra de son vrai prénom, froissait le cuir
    dans lequel elle se fondait inexorablement.

    Il lui fallait descendre les marches jusqu'à la cave pour récupérer LE ...
    VENtilaTEUR !


    podcast

    Pourquoi n'y était-elle pas allée avant que les murs ne transpirent sous les
    38 degrés?

    Parce que ...


    podcast

    ... NON !   ÇA   - elle ne  l'avouerait jamais.

    Une fois la clé introduite avec un frisson dans la serrure, elle «LE» sentit
    derrière la porte.


    podcast

    Au fond du capharnaüm, elle l'entraperçut, ficelé de plastique, réduit au
    silence et à l'immobilité.


    podcast

    Elle décolla trois mèches de son front pour se distraire de l'approche
    qu'elle tentait.

    Grand, mince sur son pied, coiffé de ses spirales d'acier, il lui arrivait
    au menton.

                                   L'oeil du moteur semblait la fixer.
                                   L'immobilité des pales la narguait.


    podcast

    Hésitante à le toucher, elle finit par le saisir, l'appuya sur son épaule et
    l'emporta dans son appartement pour se placer face à lui ; elle l'installa,
    l'orienta, le brancha puis le mit en marche.

    Force 1-2-3, il tournait à lui donner le vertige, l'hypnotisant de ses volutes
    tandis que paralysée par sa fraîcheur, elle ne réfléchissait plus.

     

    Suite à un problème technique dû à une panne de clavier, nous sommes
    obligés de passer en mode son.

    Nous vous remercions de votre compréhension.


    podcast


    podcast

     

     

  • De Poudre ou d'Escampette ...

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/06/30/l-ex-officier-de-gendarmerie-paul-barril-retranche-arme-dans-son-domicile-a-antibes_4447690_3224.html

     

    Paul Barril, 68 ans, ancien chef adjoint créateur du GIGN, retraité es-cellule
    de l'Élysée sous François Miterrand, ex-conseiller dans la sécurité privée,
    se recroquevillait à l'instant sous ses bouteilles de whisky, acculé derrière
    son bar, redoutant la charge du Groupement d'Intervention de la Police
    Nationale qui était sur le point d'assiéger sa demeure.

    En vétéran accompli, il avait eu le réflexe de joindre, juste avant, son avocate,
    Sophie Jonquet, dont l'ordre de « ne pas bouger un doigt, pas même le petit »
    était le seul qu'il avait fidèlement suivi durant ces années de lutte ou
    de négociation
    .
    Sa voix de femme résonna sûrement sur le perron ; il soupira ;
    elle allait désamorcer le situation de main de Maître.

    Comme d'habitude !

    Ne la surpayait-il pas pour cette raison ?

    Après la mention discrète- mais insidieuse - de la maladie de Parkinson
    qui le rongeait, elle avait jonglé avec le traitement médicamenteux
    et l'appel d'urgence aux pompiers pour rebondir sur le quiproquo d'un accueil
    soi-disant "armé" que les sauveteurs auraient mal interprété.

    - Il n'y a a eu aucun blessé et personne n'a été séquestré, fut sa conclusion.

    Pourtant quelqu'un devait toujours être sauvé et ce quelqu'un, pour la première
    fois de sa vie, c'était : Lui !

    A cause de se sal... de Marchand, bien sûr -
    qui avait prétexté un comportement dangereux pour faire appel aux forces
    de police. Comme si le gendarme coiffé d'un  militaire - en lui - n'était pas
    logiquement censé posséder des armes !

    De là à les utiliser ... Surtout à son âge !

    Et ce petit merd... d'Authier, toujours aggripé aux fesses de Gaël, avait insinué
    que Paul Barril tenterait une action brutale ...

    Complètement stupide, vu son CV.

    L'entreprise de Paul Barril qu'il avait baptisée SECRETS
    (pour Société d'Études, de Conception et de Réalisation d'Équipements
    Techniques et de Sécurité), lui avait appris combien la stratégie était plus
    efficace qu'un matériel de guerre : la combat se menait sur le front des échanges
    et des partenariats.

    Il en avait fait arrêter (par erreur) des terroristes !
    Il avait orienté bien des chefs d'États (déboussolés) !
    Il en avait entendu (par mégarde) des écoutes !

    «Le bon temps» quoi !

    Comme dirait un de ses amis banquier genevois qu'il avait rencontré dans un cercle
    de jeux, Le Concorde :

    - Ce n'est pas pour quelques verres partagés avec un chef d'État Rwandanais
      que l'on devient pour autant un responsable de génocide !

    Il avait beaucoup aidé de gens dans des situations délicates,
    voilà ce qu'il fallait retenir !

    Évidemment il avait collecté au passage certaines informations susceptibles
    de renverser hommes, pays ou régimes ...

    Mais de là à y voir un lien avec ce qui venait de se produire ...

    Quoique ... une majorité des grands de ce monde aurait pu respirer plus
    aisément si ce fameux lundi 30 juin avait été celui de son deuil.