• « Welcome to the Machine : Tu es allé dans les conduits pour passer le temps »

    Dans la voiture qui effaçait les façades au gré de sa vitesse, Betsy ne parvenaitespace-temps,passé,voyage,
    pas à fixer une pensée, peu aidée par Valentine qui ne cessait de l'abreuver
    d'explications sur des expériences qu'elles avaient apparemment menées ces
    derniers mois. Le récit de sa compagne faisait interférence avec ses souvenirs
    d'où une certitude émergeait en solitaire : elle se rappelait Fredo.

    Quand l'automobile freina devant une grille coulissante, Betsy aperçut une guérite
    de laquelle surgit le gardien, puis nota plus loin le bâtiment dont l'hexagone de
    verre reflétait le paysage ; des passerelles blanches le traversaient pour en jaillir
    de ses angles. Valentine l'entraîna vers l'entrée pour saluer quelques personnes
    en blouse blanche parmi lesquelles elle reconnut ... Fredo.

    Il la regarda avec une hésitation dans le sourire qui fit murmurer son prénom
    à Betsy.

    Son sourire s'accentua et il la serra dans ses bras.

    - Viens. Nous avons besoin de toi.

    Le hall sphérique, du moins en donnait-il l'impression, s'élevait à des hauteurs
    célestes tandis que flanqué de couloirs aériens, il diluait son flux de passants
    dans les salles adjacentes.

    Fredo conduisit les deux jeunes femmes vers les laboratoires en sous-sol au
    niveau desquels la sécurité se renforça.

    Au fond, derrière une porte dont la masse dominait les murs alentour,
    se cachait leur unité.

    Le projet en cours s'y affichait sur écran géant, repris en étude sous les
    microscopes de quelques assistants tandis qu'un maître-conférencier rappelait
    les progrès de leur analyse à un groupe de personnes en uniformes et tailleurs,
    lesquels, dubitatives, justifiaient la tension qui opprimait le local.

    Betsy entrevit des cellules rouges qui se déformaient, se séparaient pour se
    refondre dans d'autres plus claires avant que Fredo ne l'entraîne en catimini
    dans son bureau.

    - Comment te sens-tu ? - Il palpa aussitôt sa gorge, le plexus cervical,
    son estomac en remontant à ses mains dont il évalua l'équilibre et la sûreté pour
    faire de même avec ses pieds.

    - Tu ne te souviens de rien ?
    - Seulement de toi ! - Elle n'avait pas hésité.
    - C'est normal. Je suis le guide.
    - Bien sûr. Normal.

    Son ironie le fit légèrement rire.

    - Je suis le seul à pouvoir me souvenir parce que je suis resté bloqué à une
    étape-temps que nous avons choisie pendant que toi, tu te déplaçais sur la ligne
    de temps. Je te réceptionne, je suis donc le guide. Toi tu es évidemment
    la voyageuse. Cela fonctionne en tandem. En te déplaçant tu modifies ta ligne
    de temps qui se réadapte aux événements de cette ligne de temps. Moi
    en demeurant là, je suis à peine modifié. Tu as atterri dans le futur de ton
    nouveau passé.

    Elle rit un peu mécaniquement.

    - Nos deux cerveaux - reprit-il - ont fusionné grâce au fixatif que j'ai élaboré.
    Celui-ci active les parties du cerveau qui correspondent à l'imaginaire, à
    l'appréhension de l'espace-temps et au stockage des données.
    Seule la pensée voyage et la matière s'adapte à la nouvelle configuration.

    - Mais tu as dit que tu n'avais pas bougé.
    - Matériellement, non. Spirituellement, oui.
    - J'ai mal au crâne ...
    - Nous sommes connectés à travers l'espace temps. Je suis resté sur le moment de notre expérience tandis que toi tu as refait tout le chemin jusqu'à moi et de ce fait ton parcours a changé.

    Elle  pinça d'un doigt son froncement de sourcil.
    - Betsy ! Te rappelles-tu qui tu étais vraiment ?

     

                                                 À Suivre Lundi 13 Avril...

     

    Image en haut à droite : illustration album Pink Floyd.

  • « Welcome to the Machine : Nous t'avons dit de quoi rêver »

    Betsy, en sursaut, frappa la tête de lit alors que déjà une bombe àpink-floyd,album,musique,chanson
    retardement avait explosé sa chevelure. Elle détailla la chambre qu'elle
    n'avait jamais vue.

    Où était-elle sacrÉ nom d'un éléphant ?

    «Éléphant» - oui - était bien le mot qui convenait tant la douleur qui vrillait
    l'arrière de son crâne et menaçait de paralyser ses trapèzes, évoquait le poids     
    de cet animal.

    Prête à surgir d'entre les draps pour sauter sur la moquette avec une souplesse
    qu'elle jugea d'instinct douteuse, telle ne fut pas sa panique lorsqu'elle dégagea
    de dessous le tissu une paire de jambes sans vergetures, ni replis.
    Sa taille, la poitrine, ses bras avaient retrouvé tonus et fermeté. Mais ce n'est
    qu'une fois devant le miroir qu'elle poussa LE cri qui attira dans la salle de bains
    L'INconnue.

    - Ah ! T'as enfin réalisé ton problème, lui balança savoureusement l'autre
    jeune femme.

    Devant l'air hébété de Betsy, elle insista :
    - Ta tronche, quoi !

    L'ensemble lui parut tellement loufoque et juste qu'elle éclata de rire avec
    l'inconnue.

    JEUNE ! Voilà ce qui la laissait bloquée sur son reflet.

    Le téléphone résonna sur un air de rumba qui fit danser sa partenaire jusque
    dans le salon. Aussitôt décroché, le combiné fit grimacer cette dernière, qui,
    ne parlant pratiquement pas, se contentait de dodeliner de la tête régulièrement
    comme si elle adressait un sous-entendu à Betsy qu'elle seule aurait pu décrypter.

    Hélàs ! Betsy aurait été bien en peine de le faire et l'était bel et bien.

    - À la toilette ma fille ! Le labo nous attend.
    - Le labo ?
    - Dis-donc la cuite d'hier soir a fait plus de dégâts que prévu ... Bon. Return !
      Il y a eu un incident au labo cette nuit ; Fredo est dans tous ses états. On va
      reprendre du retard et les investisseurs de râler ...

    Elle regardait Betsy avec l'espoir du miracle.
    Labo ? Fredo ?
    À part la rime, son cerveau ne réagissait cependant pas.
    Apparemment 1) elle avait retrouvé sa jeunesse.
                           2) elle devait être plus ou moins une scientifique (un fait hautement
                               spectaculaire)

                           3) sons vis-à-vis semblait être non seulement une co-locataire mais
                               aussi une collègue assez proche.

    - Moi, Valentine. Toi Betsy. Tu remets en place ?
    Non. Absolument pas. Mais elle ne pouvait le lui avouer.
    - Tu te douches pendant que je prépare un rapide café et on y va, ok ?
    Betsy obéit, clignant des yeux sur sa nouvelle situation parce qu'aveuglée par
    l'intensité de celle-ci.

    - Hâte-toi de revenir parmi nous ! taquina encore Valentine tandis que Betsy
    se dirigeait vers la salle d'eau.

    "Comme si j'avais le choix ..." marmonna-t-elle en s'éloignant.

     

                                                 À Suivre ...

     

    Image en haut à droite : illustration album Pink Floyd.

  • Sur la Route du Man, Fils !

    - Capitaine Dvorak ?
    - Oui mon Général.
    - Un lien avec le musicien ?
    - Aucun mon Général.
    - J'aime bien Dvorak ...
    - ...
    - Capitaine Dvorak, votre mission est d'intercepter l'F.S.X.V.
      Pour ce faire, vous aurez sous vos ordres une équipe de choc formée
      à cet effet.

    - Bien mon Général.
    - Avez-vous des questions ?
    - Non mon Général.

    Parfait.
    Le Général aimait bien les hommes qui n'avaient pas de questions -
    presque autant que Dvorak.

     

                                              *  *  *

     

    - Mon Capitaine ?
    - Oui Lieutenant Borodine ?
    - Où exactement devons-nous récupérer l'F.S.X.V ?
    - L'emplacement est Top Secret !
    - Ne faut-il pas toutefois le récupérer mon Capitaine ?
    - Nous finirons par trouver où se trouve l'F.S.X.V. Lieutenant Borodine.

    Et puis surtout le capitaine Dvorak n'allait pas expliquer à ce lieutenant
    de-mes-d... que le Général n'avait à la bonne que les gradés qui ne
    posaient pas de questions.

    - Mon Capitaine, si nous savions ce qu'était l'F.S.X.V nous pourrions
      sans doute mieux le localiser.

    Décidément le Général avait raison : les hommes sans questions étaient
    nettement plus supportables !

    L'heure était donc au discours de remotivation !

    - Nous ne nous découragerons pas pour si peu.

    L'équipe du capitaine échangea un regard.

    - Messieurs !! - le capitaine se redressa - Il est temps de prouver
    l'excellence de notre formation et les compétences qui en découlent.
    Notre patrie, notre armée, nos dirigeants, attendent de nous
    un comportement exemplaire.
    Nous le leur montrerons en étant prêts à tout, même à l'introuvable,
    même à l'impossible.
    Soldats ! Nous ferons face, comme un seul homme !
    A la prise de l'F.S.X.V !!!