• BN - Ben Non ! PAS COMME LES BISCUITS, HUN! (Natacha III)

    Luc-Etienne se tenait sur le seuil tout ensoleilléS d'un sourire, Luc-Etienne ET le seuil.
    Natacha lui retourna un semblant de perplexité.

    - Tcho my beauty !

    Bien. Il se la jouait «Sans Identité».
    Sans vergogne dans les deux cas : il entra chez elle et la prit dans ses bras. Que quiconque n'a pas été embrassé(e) depuis 12 heures par sa/son récent(e) fiancé/e) vienne la critiquer ! D'ailleurs ...

    "BAISER SACHANT ÊTRE DONNÉ, NE SAURAIT ÊTRE REFUSÉ". (Proverbe de mon cru, merci beaucoup!)

    - Pourquoi m'as-tu abandonné hier soir ?

    Gonflé le mec !
    Tandis qu'elle préparait une réplique digne de figurer dans le record mondial des remises en place, elle fut freinée par la vague réminiscence d'une situation similaire qu'elle aurait expérimentée ... Qui aurait à voir avec Célestine et leur mythique altercation ... Alors qu'elle allait mettre le doigt dessus Luc-Etienne s'agenouilla pour lui ouvrir ... (Damned ! au niveau de l'entrejambe, c'est malin) - un écrin dans lequel brillait une bague digne de PIAGET.

    - Veux-tu m'épouser ?

    Ah-oui ! DIrect ! Comme ça !
    Pouvait-elle décemment laisser pandouiller sa mâchoire au risque de le voir retirer sa demande ? NOon. Elle serra donc les dents.

    - C'est ce que, je ne sais pourquoi, je n'ai pas eu le temps de te demander hier soir. Le resto c'était un prétexte pour ... Bref je t'aime et j'ai envie de passer le reste de ma vie avec toi, en l'officialisant !

    Non Natacha, ne le dis pas !

    - Malgré, je cite, mon "mauvais goût allié à un indubitable manque de classe" ?

    Trop tard !

    - Pardon ?
    - Tu ne te souviens pas ?
    - Euh ... De quoi ?
    Tu as eu un appel pendant notre repas ; c'est lui qui t'a stoppé.
    - Ah Bon ? ... Mais tu ne m'as pas répondu ...

    HÈ ! IL pouvait bien baliser quelques minutes alors qu'ELLE, elle avait carrément désespérer la nuit entière ! Non mais !

    - Qu'est-ce que c'était cet appel ?
    - Quelle importance ? Je ne me souviens plus ...
    - Un appel sans importance au point d'oublier ta demande en mariage ?

    Il demeura tétanisé sous le souvenir de mots brutalement resurgis : "ACACIA ROUGE". Un court instant, sûrement unique dans leur histoire, ils partagèrent le même sentiment : la stupéfaction.

     

    « ARRÊT SITUATION 727 - BN 10911 ET 10912 EN MODE PRISE DE CONSCIENCE »
    L'agent Zong enclencha la paralysie des deux humains qui se faisaient face sur son écran.

    - Bon sang ! Ça arrive de plus en plus souvent ces derniers temps !, s'exclama Zalinda, sa coéquipière, juste avant l'intervention du Sergent-Inspecteur.
    - Au rapport !
    - La barrette stimuli pour les deux sujets a dû glisser de l'aire auditive à l'aire auditive d'association, faisant pression sur le cortex, rétorquèrent-ils ensemble servant la justification d'usage sans avoir vérifié.

     

    cerveau,cervelle,aires,lobes,cortex


    - Recyclez les données et faites un balayage dans leur aire de Wemicke.
    - Et le mariage ?
    - Rassurez-moi agent Zalinda vous êtes bien une intelligence artificielle ? rétorqua le sergent comme s'il avait été capable d'un ton de reproche.

    Si, quant à elle, Zalinda avait pu rougir, elle l'aurait fait. Leur supérieur parti, Zong murmura dans un sourire :
    - Ne t'en fais pas. Tu n'es pas la seule à t'attacher aux Bêtises Naturelles.

     

  • VOUS EN REPRENDREZ BIEN ENCORE UN PEU ? - OUAIS, UN PEU, C'EST LES MOTS ! (Natacha II)

     «Dés de bœuf façon Languedoc avec ses légumes brochés à la sauce Tantine»

    Natacha compta trois petits pois et LE haricot vert qui moulinaient autour de quelques ... crottes ... de viande ?

    - Tu aimes ?
    Luc-Etienne la regardait avec un tel ravissement amoureux qu'elle ne put que répondre :
    - C'est original ...

    Natacha.jpg

    Comme si son appréciation l'avait galvanisé, il "enfourchetta" avec ardeur un pois sur une des chamallows bovins pour le mâcher sans rien perdre de son élégance.
    Auparavant l'entrée perdue entre deux feuilles de salade et un fruit râpé de couleur jaunâtre, aurait dû la préparer à la suite mais son imagination manquait assurément de consistance tout autant que la sauce qui faisait rivière entre les aliments dans son assiette.

    - On appelle cela la nouvelle cuisine, martela Luc-Etienne avec emphase.
    Elle sourit. Que pouvait-elle faire d'autre ?

    - D'habitude on doit réserver au moins six mois à l'avance - il se rengorgea - J'ai quelques relations ... Luc-Etienne entama un soupçon de froncement entre sourcils devant son absence de réaction.
    Ah ! De la diplomatie donc. Ce qu'elle avait le moins en stock.
    - Quelle chance !
    Beau rattrapage ! Il avait l'air à nouveau content.
    - Attends de voir le dessert ! Une petite merveille !

    «Voir» n'était pas vraiment le mot quand le serveur posa sous ses yeux une coupelle dans laquelle dérivait, hésitant entre deux bords, une boule de crème gélatineuse.

    - Fabuleux non ?

    Et il semblait heureux !
    Bien sûr elle avait toujours eu du mal à le suivre persuadée que c'était là ce qui faisait son charme et toujours convaincue d'ailleurs de la chose, cependant était-ce sa faute à lui si elle n'avait d'appétit que pour "la chair" qui affichait ce qu'elle était : la vraie, la bonne, la grosse CHAIR !
    Luc-Etienne se crispa sur sa cuillère, avait-il lu dans ses pensées ? Ce serait bien la première occasion. Ou partageait-il enfin ses réticences ?

    - Ce merveilleux repas ... (à l'évidence, non.) ... que je t'offre, représente «l'écrin» ...
    Ô-là !!!
    - Pas de café, merci - précisa-t-elle aussitôt craignant un nouvel expresso à la limite de la chaussette.
    Cette fois il haussa vraiment un sourcil peu rassurant qui la fit douter de la pertinence de son insertion ; à tout hasard elle resourit.

    - Je voulais te voir pour une raison spéciale ... continua-t-il en tâtant une de ses poches de veste ... Je voulais ...

    Il s'arrêta net, le corps aussi fixe que le regard.
    - Excuse-moi, je dois prendre cet appel. Visuel !

    Il demeura silencieux quelques secondes posant ensuite un regard vide sur elle qui faillit la faire s'étouffer aussi sûrement que la boule-terreur encore enlisée dans sa coupelle.

    - En fait tu n'as pas tellement l'air d'apprécier à sa juste valeur mon geste généreux, déclara-til froidement - Comment s'en étonner ? Ton mauvais goût allié à un indubitable manque de classe doivent plutôt te porter au self-service ou pire ... ( petit rire méprisant) ... au fast-food ! Je te laisse donc à ton or-di-NAIRE.

    Sur quoi il se leva et partit.
    La douleur n'allait certes pas tarder toutefois la seule pensée qui se présenta à elle juste avant, fut la malédiction de Célestine qu'elle constata réalisée.

  • EYE-PHONE (Natacha I)

    - Visuel !
    - Helloooôôô Nata, comment va ?

    Sur sa pupille se dessinent les traits poudrés de sa pire amie : Célestine ! ... Dont le sourire s'embrouille sur fond d'iris, phénomène dû soit à la qualité de réception soit à une soirée de pécheresse.

    - J'ai tenté un contact hier soir mais tu es restée en mode aveugle.
    - Certains humains dorment la nuit.
    Le rire de Célestine électrifie la partie réseau de son cerveau.
    - J'aurais parié les yeux fermés que tu faisais ta vieille fille.
    - Tu veux jouer à ça ? Alors aie-les en face des trous au lieu de les avoir dans la m...
    - Ma chérie je te tiens juste à l'œil sinon tu n'auras plus que les deux pour pleurer ...
    - Je me le bats ça te va ?
    - Je veille juste à ce qu'ils ne restent pas dans ta poche. À l'idée que tu ne fais plus de l'œil à un beau mec depuis tant  de temps, j'ai le spleen. C'est bien simple les yeux m'en sortent de la tête !
    - Rejette-leur de la poudre, c'est tellement ton genre. Tu te mets le doigt dans l'œil si tu imagines ...
    - On en reparlera entre qat'yeux !

    Natacha est sur le point de répondre lorsque la région entre son lobe occipital et son lobe temporal se met à vibrer.
    - Attends j'ai un deuxième appel ...

    “Acacia rouge” est-il scandé.

    Sans réaliser la fin de la connexion elle se retrouve en ligne avec Célestine.

    - C'était qui ?
    - Ça te regarde sexe sur pattes ? Si j'ai bien cerné ta personnalité elle se situe dans les limites de ta petite culotte. A se demander comment ils ont pu greffer un système téléphonique à tes méninges.
    - Qu'est-ce qui te prend Nata ? T'es malade ?
    - Non, seulement moi je vois et la paille et la poutre et elles sont toutes les deux dans les tiens.
    - A quoi tu joues ?
    - Je te remets à ta place,la vraie, la seule, celle que tu mérites : le bordel !

    Natacha se demande si elle a eu un moment d'absence parce qu'elle sent encore les points d'élancement qui habituellement signalent l'interruption d'une communication. A-t-elle reçu un appel ?

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    Quelle n'est pas sa surprise de constater la froideur de Célestine quand elle veut lui raconter cette mésaventure : sur le moment elle a vraiment cru que sa copine allait lui sauter à la gorge, ratant ainsi une expression qu'elle aurait tant aimé placer ... A-VANT !
    Aussi exige-t-elle une explication dont elle aurait dû mieux étudier la tournure : "Crache ta valda Célestine !" - car elle ne se serait certes pas attendu à ce que son interlocutrice la prenne au sens propre.

    On lui rapporta plus tard la conversation eye-phonique soit-disant à l'origine de leur brouille et dont elle ne se souvient absolument pas.
    Elle digère encore sa perplexité alors qu'elle reçoit un dernier MTR (Message Texte Rétinien) dans lequel sa désormais meilleure ennemie se perd en malédictions parmi lesquelles elle ne retient que celle qui l'effraie le plus : se faire larguer par son petit ami !