• SEIZE (parce que Très étroit) - Conte contemporain

                                                                      Clin d'œil au "Sept d'un coup" de Grimm dans "Le brave Petit Tailleur"

     

     

    Il vit bien le rebord s'approcher sur sa droite mais il lui parut «possible» de l'éviter, or la marge entre le possible et l'improbable fut vite débordée quand il vint écorcher l'accotement. Il jura sans se recentrer efficacement sur la manœuvre tant la neige s'entassait de tous côtés. Il se sentit glisser puis gicla en tournoyant à vide. Un regard vers le ciel le lui révéla contraire à ses attentes : gris, dur, dense, bien loin du paradis que peut-être quelque part il devait recéler. Bien qu'il ait repris appui sur ses mains, les bras douloureux à force de crisper, il dévia inévitablement n'osant vérifier derrière lui s'il touchait un obstacle. Soudain il fut déporté violemment vers l'avant. Avait-il heurté quelque chose de dangereux ? Les flocons qui recommençaient à cingler le paysage ne lui permirent pas de constater quoi que ce soit.

    Il était abandonné à cette impasse: pas un seul détracteur pour l'aiguiller ou pire : le conseiller sur la conduite à adopter.
    Que lui avait-il pris de sortir par ce temps ?

    Il aurait mieux fait de rester dans son chalet plutôt que d'entreprendre cette aventure de bout du monde.
    IL reprit cependant l'effort là où il avait été arrêté, se tourna en conséquence afin de mieux cerner les limites de son intervention. La sueur humidifiait son bonnet tandis que son écharpe le serrait un peu trop à cause de ses multiples contorsions.
    Enfin au moment où il n'y croyait plus, il réussit à s'encastrer entre les deux blocs qui l'un à l'avant, l'autre à l'arrière, le serraient de près.

    Il éclata d'un rire aussi fort que son soulagement.

    Le volant braqué à fond, il redressa le frein à main pour se laisser ensuite aller mollement dans son siège.

    Malgré la météo,
    l'étroitesse de la place,
    les véhicules qui se collaient au sien ...

    Il avait sublimé l'art du créneau !

  • Un doute en Juillet

    Cette histoire se lit en lien avec les précédentes :

    http://histoiresdelundi.skynetblogs.be/archive/2015/11/16/a-la-barbe-de-8528978.html
    http://histoiresdelundi.skynetblogs.be/archive/2015/11/30/la-demande-8535434.html
    http://histoiresdelundi.skynetblogs.be/archive/2015/12/14/puis-vint-le-jour-8541666.html
    http://histoiresdelundi.skynetblogs.be/archive/2016/01/01/une-enquete-de-sir-archibald-beck-8549406.html

    En voici le dernier volet.

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  • Un Lundi sur Vénus

    Alors que le trou de verre Vega3Per projetait à cette heure de haute fréquentation ses passagers dans l'espace, Egdorf Zip Dakamiel sentit avec agacement son collègue vérifier une Nième fois le temps de voyage qui leur restait.

    - Tu ne crains pas la chaleur, toi ? demanda le Terrien
    - Non.

    Dialogue le plus intense qu'ils aient jamais eu.

    Ne lui avait-il pas expliqué à maintes reprises que la texture de son épiderme allié à sa température interne le mettait à l'abri de ce handicap ?

    « Nomades intergalactiques en provenance de Galahal- Tek et à destination du système Vega, voici venu le premier arrêt sur notre ligne Vega3Per : Vénus. Veuillez vous diriger vers la porte de jonction Vén-Sud si vous désirez descendre. A Noter les changements pour les planètes HIP13044b, PECASIb et la constellation Andromède, jonction
    VéNord »

    Le message fut répété dans les langues spatio-temporelles les plus usitées.

    « Sur Vénus, la vitesse des vents est de 360km/h avec une température extérieure de 460° ; l'atmosphère de ce jour est particulièrement chargée en dioxyde de carbone »

    - Damned !
    - Qu'y a-t-il ? demanda Egdorf, pour la forme ..., ayant appris à détecter les expressions verbales chez l'humain qui engendraient à court terme une complication au niveau des faits.
    - Tu sais quel jour on est Zip ?

    Nom d'une nébuleuse, il détestait ce surnom dont l'avait affublé son compagnon. Cette réaction plus le constat que son voisin n'admettrait jamais que le concept de "journée" ne faisait absolument pas sens pour Egdorf, motivèrent son silence fatigué.

    - Tu crois qu'on peut gagner un jour en entamant un deuxième circuit, ce qui nous ferait transplanter un ... mercredi ? reprit-il plein d'un espoir pitoyable.
    - Pourquoi ?
    - Parce que MAINt'nant, ICI, TOUT de SUIte, on est LUN-DI ! articula Thepa Einstein avec frayeur
    - Et qu'a de particulier ce Lun-di ?
    - Tu rigoles ?

    Non.
    Vu la composition de ce qui aurait pu passer pour un visage chez Zip, il n'avait pas l'air de rigoler - du tout.

    -Imagine un peu ... NOtre lundi à nous équivaut sur ta planète à un fornik de niveau Herz762.

    Information qui fit hésiter Dakamiel dans sa réflexion : un fornik de niveau Herz762 comportait un phénomène dont l'épicentre déformait les corps de 75 ° selon un angle incompatible avec la matière qui le constituait. Si Thepa comparait cette catastrophe aux implications que la lente rotation de Vénus sur elle-même entraînait : soit une journée plus longue qu'une année ...

    - T'as raison, admit Egdorf à regret - Comme vous dites chez vous, “ on est mal barrés „.

    Immobilité inhabituelle d'Einstein qu'il aurait pu apprécier mais :

    - On ne peut pas refaire de tours. Notre combinaison arrive à saturation.

     

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