• L'Histoire Fantôme ...

    introduction,en-tête,texte-saisi

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  • 未来のない存在

    Bien sûr que je vais transcrire ces idéogrammes, qui signifient :

    MIRAI-NO-NAI-SONZAI

    (N'hésitez pas à cliquer sur le lien ci-dessus pour complément d'informations)

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  • Espèce de Xéno...Folle !

    Mais que diable était-elle allée faire dans ce bar ?*

    De l'extérieur il lui avait semblé «potable» même si le qualificatif, une fois dans le saloon, jurait effrontément avec les boissons que l'on y servait.
    AC-DC hurlait entre deux boules de billards qui tels des œufs sur plateau de rangement s'alignaient dans l'arrière-salle ; devant, quelques tables avec chaises supportaient des gabarits masculins de conséquence, couverts de jean, de cuir et de ... femmes ... quant à elles ... pas très couvertes !

    Soit. Il faisait chaud.
    Surtout dans cette partie des États-Unis cependant cela autorisait-il le tee-shirt détrempé sur des seins push-upés ?
    Bien sûr tour à tour les regards des unes et des autres finirent par se braquer sur Elle, dont jupe à plis et veste à carreaux détonaient (plus nuancé tu verserais dans la litote) - sur le décor.
    Passant un chiffon sur son bar évoquant par ce seul geste des bobines et des bobines de scène western, le barman lui parut faussement ému : servait-il de leurre ? Ou cherchait-il, aussi sûrement que pour les traînées sur son comptoir, à l'effacer Elle, réduite à observer cette faune si étrangère aux individus qu'elle côtoyait usuellement ?

    Était-elle en train de vivre pour la toute première fois de son existence, un moment de panique ?
    Exceptionnellement elle regretta l'existence d'un nième numéro d'un "Manuel pour les nuls : comment communiquer avec l'autochtone de ces contrées et ailleurs ..."

    C'est là que l'homme au béret noir l'approcha - bien que bâti comme un rugbyman - d'un pas silencieux. À sa ceinture divers porte-clés pendaient. Un tatouage marquait son cou d'ailes d'oiseaux dans le lointain dont le thème volatile était rappelé par son pendentif.

    - Un problème ma petit' dam' ?
    Ses yeux à la clarté sauvage la sondaient. Elle déglutit.
    - Ma voiture est en panne.
    Sa voix aussi ?
    - On va vous aider pour vous éviter de rester par là trop longtemps.

    Non-non. Ses mains ne tremblaient pas du tout sous son sac à main.

    Sur un signe de celui qui semblait être le chef, trois poids lourds allant du muscle d'entretien au ventre sous pression, les rejoignirent.
    - Allons juger des dégâts.
    Ils encadrèrent sombrement la jeune femme prête, sur une impulsion d'une imagination qu'elle ne pensait pas posséder, à voir surgir le Cerbère.

    - La voiture est à quelques mètres de là. Je n'ai pas eu à marcher longtemps ...
    - Vous en avez eu de la chance !
    -On peut le dire comme ça aussi.

    On la dévisagea, ce qui lui fit regretter d'avoir tenté l'esprit de répartie, genre alors que la neutralité si chère à son peuple aurait mieux convenu. Pendant que les deux baraqués ouvraient la marche, le chef et le plus dodu avancèrent à ses côtés accentuant un silence pas loin de la faire hurler. Heureusement, plantée dans un champ, en quelque sorte puisque gisant entre ses épis, la voiture en émergea. Un des motards ouvrit le coffre tandis que le second y plongeait tête et épaules. Le troisième inspecta l'habitacle sans avoir l'air sérieux - l'air seulement.

    Elle se raidit : le cabas à la fermeture éclair cassée laissait entrevoir quelques vêtements personnels.

    - Qu'est-ce qui vous amène dans la région ?
    - Une réunion européenne sur la qualité des gaz émis par nos tuyaux d'échappement.

    Des ricanements dénigrèrent quelque peu son annonce pompeuse mais le chef la fixait avec un apparent intérêt.

    - Européenne ? Vous venez d'où ?
    - De Suisse ... C'est ... euh ... entre l'Autriche, la France et ...
    - Je sais où est la Suisse.
    Ah ?
    - Par contre j'ai jamais rencontré de suissesse.
    Ah !
    Quelques rires gras en fond mais lui ne cillait toujours pas.
    - Et qu'est-ce qu'elles aiment les suissesses ?
    - Le ski, le chocolat fondu et les pays chauds.
    Diable, il se mettait à sourire ...
    - Et le Dakota du sud ça te plaît ?
    Intimes maintenant donc ?
    - Je n'en ai pas vu assez pour en juger.
    Elle ne se pensait pas suicidaire. Comme quoi le mec qui avait écrit "... connaître aussi bien que soi-même ... " n'avait sûrement pas toute sa tête au moment de l'impression. Entre-temps les nouveaux rires s'étaient calmés et la seule réponse du chef fut une question :
    - James ?
    James ? Vraiment ? Pour un biker ?
    - La voiture est foutue. C'est le moteur. Faut la porter à Grant, répondit l'incongruité.
    - Bien.
    Enviant ma voiture de location qui contrairement à moi, avait su subir stoïquement l'examen des «durs à cuire», je me liquéfiai sous leurs regards.
    - Je t'emmène sur ma moto pour aller au garage de Grant et mes frères s'occupent de faire suivre ton tacot.
    IL eut un sourire carnassier.
    - Promis. On goûte pas. On touche pas.
    Au cabriolet bien sûr, hun ?
    - Même des poilus à crâne chauve peuvent rendre service, tu te rends compte ?

    Bien que ses réactions ne fussent pas aussi ridicules qu'il voulait le faire croire, elle décida de ne pas mettre en péril sa bonne fortune et de partager leur hilarité, le moins crispée possible.

    Mais que diable était-elle allée faire dans ce bar ?*

     

    * Référence à une réplique du personnage de Géronte "Que diable allait-il faire dans cette galère ?" dans "Les Fourberies de Scapin", pièce de Molière.