• Ne pas Perdre au Change

    - Tu devrais changer de prénom le temps de la grossesse plus celui de l'accouchement ...

    Un regard renforcé par le sourcil en circonflexe obligea Marguerite à se justifier :
    - Tu n'as jamais vu le film de Polanski ?
    - Jamais.
    - Celui dans lequel Mia Farrow est enceinte de l'antéchrist et se fait manipuler par son entourage ?
    - Non.

    Marguerite grimaça l'irresponsabilité de son amie.

    - Toutes les futures mères devraient avoir vu ce film !
    - Ah bon ?
    - Il est AL-LÉ-GO-RI-QUE !
    - En quoi ?
    - Il symbolise les épreuves que la maternité impose à une femme.

    Le tact chez Marguerite c'était comme demander à un amérindien de fêter la venue de Christophe Colomb : ça n'était pas près d'arriver.

    - De un, reprit-elle sans cas de conscience - tu souffres dès sa naissance, pendant et après, parce que ne crois surtout pas à l'accouchement sans douleur, c'est un leurre masculin pour ne pas couper l'envie au femmes de reproduire.
    - Charmant ... souffla la mère qui savait d'avance que sa camarade ne soupçonnerait pas que le qualificatif viserait plutôt sa diatribe que le comportement mâle dénoncé.

    - De deux, tu dois le nourrir au détriment de tes seins qui ont tant jusqu'alors excité ton cher et tendre. De trois, tu dois endurer les kilos que le bébé t'a fait prendre pendant des mois avant de pouvoir espérer en perdre les premiers assez vite. Ensuite viennent les nuits aux réveils impromptus à cause des pleurs aux causes multiples et variées, les journées bourrées de lessives, de biberons, de changes s'insérant dans ta journée de travail de 8 à 18. Je te passe les exigences que tu n'aurais pu imaginer de la part d'un être si petit ...
    - Merci, tu es trop bonne ...
    - Je sais.

    Marguerite était imperméable à l'ironie.

    - Suivront les innombrables déceptions dont celle, la plus affligeante, de le voir prononcer en premier le mot qui honorera le père alors que la plupart du temps c'est toi qui t'es tapé le sale boulot ...

    La future maman n'écouta que vaguement les reproches sur l'entourage qui n'attendra que le moindre faux pas pour saluer l'incompétence parentale ou la crise adolescente qui fera de chaque effort de la mère, de chaque sacrifice du père, une arme de destruction massive.

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    Cette fois Marguerite semblait à bout d'idées, ce dont "Elle" profita pour insérer :
    - C'est vraiment cool de discuter avec toi pour évacuer le stress.
    - Mon rôle est de te faire voir le pire pour que tu vives le meilleur.

    Le PIRE c'est qu'elle y croyait totalement.

    Quand Marguerite fut partie, Rosemary s'approcha du reflet que lui retournait le miroir du couloir.
    Il lui souriait.
    Elle y voyait son ventre remuer sous les petits coups du fœtus.
    Elle caressa le bébé dont elle sentit la satisfaction par la pensée qu'il lui transmit : « Si elle savait, hun ?», ce qui la fit rire en même temps que son tout-petit.

    Quel intérêt de voir un film (fut-il de Polanski) - qui projetait dans la fiction ce qu'elle vivait réellement, savourant la perfection de son destin au contraire de son héroïne de pacotille ...

  • J'MACCOUD'à MATATABLE

    Je dédie cette histoire à Timon et Pumbaa pour leur chanson "Hakuna Matata" dans le dessin animé : LE ROI LION.


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  • Ne plus être de Saison

    "La Saison" consiste en un calendrier mondain offrant aux jeunes filles britanniques fêtes et événements durant lesquels elles étaient présentées à la société de l'élite anglaise - parfois à la Cour. C'était souvent l'occasion pour elles de contracter un mariage de convenance.

    On les appelait les "débutantes".

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