Exempli Gratia

Je me réveille sans jungle en panoramique au-dessus de moi mais sous une chevelure répandue sur la figure effaçant les couleurs de mon environnement.
Je tourne légèrement le visage et cherche sa propriétaire … En vain !
Les mèches tombent sur la couette et à terre quand je m’assois dans le lit.
Le matin cerne la chambre en ayant chassé les souvenirs de la veille qui cependant, au fur et à mesure vont réinvestir mes pensées.
Qu’ai-je fait ?
Certes la nuit n’a pas été celle que j’espérais - me fallait-il pour autant agir aussi férocement ?

Affronte la vérité mon gars : tu n’as pas pu te contrôler !
Je dois de toute façon éliminer toute trace de sa venue.
Loïs
Elle s’appelait Loïs.
Quand je l’ai appris, je n’ai pu m’empêcher de regretter la promesse d’un restaurant et « plus si affinités ». Comme un gamin qui se bute sur des a priori, je m’étais demandé si elle ressemblait tant soit peu à l’héroïne de la BD  - héroïne que je trouve un brin autoritaire et bornée, ce qui est tout de même un comble pour un personnage de Superman !

- Alors, heureux ?

C’est ce qu’elle m’a demandé dans la nuit - AVANT.
« Je rêve » ai-je pensé - AVANT.
Avant ce  moment, terrible, où la réalité a rattrapé mon erreur.

- C’est la meilleure nuit que j’ai jamais passée … a-t-elle gazouillé

Je n’ai pas pu répondre ce que j’avais en tête, car malgré la rumeur je ne suis pas un goujat. Alors j’ai contourné le sujet.

- Tant mieux !

Son sourire a cillé ; j’ai donc craint une question mais elle s’est contenté de ma réplique laconique.
Elle s’est étirée avant de se grandir entre les draps, bras vers le haut et pieds prisonniers du duvet rabattu.

- Et quand je suis satisfaite, je montre ma vraie nature … a-t-elle sifflé

Je suis en état d’alerte maximum.
Je vais enfin obtenir la preuve
la voir.
Ses yeux en surbrillance dans l’obscurité se font joueurs et c’est là que les premiers spasmes gondolent son corps, le moulant, le modifiant, le changeant en autre chose …
Sa peau se fend d’écailles vertes et fauves dont le motif se précise peu à peu sur fond de lignes souples : des ovales qui grossissent le long de son anatomie qu’une queue progressivement allonge tandis que sa gueule sort sa langue sinueuse. Les yeux ont la même couleur mais ils ont légèrement rétréci.

Un PY-THON ? Vraiment ?
Brusquement ma faim s’est réveillée (ne s’agit-il pas là de mon repas favori ?) - emportant avec elle la déception qui m’a brûlé quelques secondes.
Je sens sa peur AVANT le mouvement qu’elle amorce pour tenter de m’échapper.
Elle a cru (L’en-fant!) que je serai son martyr.
Il est trop tard, petit serpent !

Je me suis jeté sur elle et l’ai dévorée.


Ne suis-je pas une panthère noire ?

 

 

 

 

Suite et Fin le Lundi 15 Mai

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