• Le Par* - iiiiiii

    - Balle !

    Jambes écartées avec son club entre les mains il fit pivoter son buste penché pour élever la canne et frappa avec cette force que l’on aurait cru concentrée dans le grip.
    Son compagnon de jeu patientait à l’écart doigts sur la hanche et l’autre appuyée sur le driver.

    A l’issue de leurs coups et sans rien se dire, ils rejoignirent leur voiturette pour avancer sur le chemin surveillé par un lot d’arbres qui écartés du terrain de jeu, semblaient craindre l’impact d’un lancer.

    Ils passèrent à l’utilisation des wedges.

    - Si je fais ce trou en deux coups, je ne licencie que 80 personnes lundi.

    L’homme qui avait parlé, exhibait la minceur des silhouettes dessinées sur les affiches des films de Jacques Tati. Celui qui fouillait dans son sac de golf soupesait le double dans un pantalon à motifs écossais.

    Le premier balaya l’air deux fois sans toucher la balle.

    - Ça m’a tout l’air d’un air-shot ! Dans les deux cas de figure ! ricana le second
    - Ce qui ne t’évite pas l’objet du pari.
    - Je mise le secteur informatique : 120 personnes.
    - Tu blagues ? Il est basé en Inde, tu ne risques rien.
    - Non, je parlais du dernier service qui reste à L…
    - Ok. Pari tenu.

    Beaucoup plus loin près de l’étang, la balle tomba à l’eau tout comme 175 personnes à G… bien sûr en trois fois selon les trous répartis sur le parcours qui précédait la mare.

    Vers la semi-colline dont les vagues soulevaient le terrain en contrepoint, l’un des deux fut obligé de dropper parce que la balle était tombée près d’un buisson. Il mesura deux longueurs à l’aide de son driver et marqua l’endroit avec son tee. Il releva son club et tira.
    Cependant comme il savait la pénalité d’un coup appliquer, il dut engager l’emploi de 200 personnes.


    Lorsqu’ils en furent à utiliser les putters il n’y avait  guère plus que les filiales à mettre sur le green.



    * Le Par : au golf, selon la difficulté du trou, un nombre de coups à jouer est fixé à l’avance. C’est ce que l’on appelle « le par ». Par exemple dans un trou de par 3, il faut idéalement terminer le parcours en seulement 3 coups. (source : linternaute.com)

     

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    En espérant que nous retrouverons notre travail au retour …
    En souhaitant que vous ayez encore envie de revenir sur ce blog …

    Je vous fixe rendez-vous au lundi 4 septembre 
    ben ouais hun … 2017 !

  • Ce que Femme ne sait pas, le Destin l’ignore … et Inversement.

    Ne pouvaient être utilisés ni le rouleau à pâtisserie, ni le fouet ou autre ustensile de poids.
    Il aurait fallu être une excellente cuisinière !

    Or si Nelly n’était pasquelque chose … C’était ce-la : cuisinière et excellente.

    Pour autant était-elle damoiselle à se laisser effaroucher par ce genre de détail ?
    Evidemment PAS.
    Elle détailla l’aménagement de sa kitchenette et repéra l’engin susceptible de faire l’affaire :

    Le ROBOT,

    multi-fonctions …

    Permettant de préparer plus rapidement et plus efficacement que les centrifugeuses ou mixeurs traditionnels
    • Transforme des aliments ordinaires en cocktails vitaminés savoureux
    • N'extrait pas seulement le jus, mais également les vitamines et autres nutriments contenus jusque dans la pelure des fruits et légumes
    • Les aliments sont réduits en purée ultra fine, permettant au corps de les assimiler de façon optimale
    • Les fruits et légumes sont entièrement utilisés et transformés en cocktails ultra savoureux et sains
    • Livré avec nombreux accessoires et gobelets pratiques (livre de recettes disponible en allemande uniquement)
    • Moteur puissant: 600 W


    … qui entre ses pales, ses roues en dents de scie sans oublier le support parfaitement lourd qui lui servait de moteur, conviendrait.
    Le tout envoyé avec suffisamment de force pour anéantir sa cible.
    
Laquelle tout sourire, inconsciente de ce que la minute à venir lui réservait, se livrait volontiers au courroux - qui avait considérablement crû évoluant du ronchonnement aux cris bien articulés - de sa compagne.



    Calvin soupçonnait bien le danger derrière l’hostilité grandissante, un sentiment qu’il avait l’habitude d’entretenir dans sa relation avec Nelly.

    Elle n’avait tout de même pas deviné ?

    Ou alors qui aurait pu lui apprendre son secret ?

    Bernadette ?

    Ouais, c’était son genre. Faire celle qui mimait une tombe pour plus vite creuser celle de son confident.
    Lucien ?

    Le distrait que la moindre question surprenait tant qu’il y répondait la vérité.
    Jéjé ?

    Dont les farces allaient jusqu’à mettre en péril l’équilibre d’un couple ? Surtout celui de Calvin. (Jéjé n’aimait pas Nelly : il la surnommait « 50 nuances de Nel »)
    Janine ?

    Hermétique comme un SAS laissant finalement échapper un soupir qui mettrait invariablement sa meilleure amie sur la piste.


    D’ailleurs s’était-il seulement confié à l’un d’entre eux ?
    Il ne se souvenait plus.
    Lors d’une soirée fortement biérisée ?
    Après un film style « Misery » ?
    Pour en finir avec l’interrogatoire auquel il était régulièrement soumis vu son taux de volubilité ?

    Au diable les raisons !
    Il devait désormais affronter les conséquences.
    Et celles-ci tenaient le NutriBullet UGS 53587 que leurs mères leur avait offert - (l’unique fois où elles avaient été d’accord) - pour leur installation dans cet appartement.
    Du coup l’affaire devait être sérieuse.

    - Ne fais pas semblant de ne pas comprendre !

    Il ne se le permettrait certainement pas.

    - Tu n’as rien dire ?

    Pour sa défense, hun ?

    - Tu ne me laisses donc pas le choix.

    Il passa dix jours en milieu hospitalier.

    Une commotion cérébrale devant de plus être surveillée, il se ferait régulièrement contrôler  par son médecin traitant.
    Avec le mixeur, Nelly avait frappé fort !

    Comme avait dit Jéjé :

    - Sérieux ? Pour avoir goûté le gâteau chocolat-caramel de Samantha ? I’t’faut vraiment la quitter mec !

  • C'est quand les Oiseaux s'arrêtent de chanter QUE ...

    L’euphorie d’Octave - qui se laissait rarement menacer - dut cependant admettre un bémol face au ciel qui lui apparut une fois le volet remonté.

    Plaque de laque et de brume …
    Là-dessus les oiseaux faisaient comme ça leur chantait, c'est-à-dire : RIEN  !
    Un silence qui mettait l’ensemble au diapason.
    Au temps pour lui !
    Il n’aurait pas dû être tenté de se plaindre alors qu’il avait ainsi pu dormir plus profondément car la manifestation bruyante de ces volatiles le réveillait souvent en fanfare, aux premières lumières du jour.

    Il n’allait tout de même pas tirer sur le pianiste ?

    Déjà las de ces clichés, il s’en détournait lorsqu’il sentit un mouvement sous ses pieds.
    Insidieux.
    Juste ce qu'il fallait de pas rassurant.
    Son coeur en battit vaguement la chamade.

    Puis à nouveau le calme.
    Inutile de sortir les violons : fausse alerte.

    Flûte ! S’il ne se dépêchait pas, son patron ne manquerait pas de lui sonner les cloches.
    Réglé comme du papier à musique il fit trois pompes, but deux bols de café, se lava vite fait au lavabo … Amorçant sa sortie il fut sans tambour ni trompette catapulté dans le couloir tant le sol donna de la secousse pour ébranler l’immeuble en son entier.

    La situation en crescendo fendit le plafond, lézarda les murs et l’aplatit quelques secondes au plancher.

    Enfin il put se rétablir, constatant les dégâts : escaliers en accordéon, fondations pire que des disques rayés jusqu’aux débris de vitre qui de concert renforçaient la désolation.

    Il allait se dire qu’il avait échappé au pire lorsque par un des … trous (en lieu et place des fenêtres), il eut juste le temps de mesurer la vague gigantesque qui arrivait sur lui avant de sombrer dans la nouvelle mer d’Europe.

     

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