Là-Haut, C'est Où ?

chenille,comportement,larve,autoroute,route,cocon,lao-tseu

image empruntée au site : http://lecrpedunesuppleante.eklablog.com/gestion-du-comportement-a108515638

- Herbert ?
- Muhhh ?
- Il me semble que le chemin s’arrête là.
- Ce n’est pas ce qu’indiquent mes antennes : elles ont repéré une sale odeur, assez forte, qui signale une autre route …
- Peut-être mais y’a plus d’herbe !
- T’en as fumé ou quoi ? On a des tas de fois écrasé autre chose que de l’herbe. Ici on va être en face d’un truc énormément nouveau.
- C’est bon signe ?
- Pas forcément.
- Qu’est-ce qu’on fait ?
- Je sens du vent et vu les vibrations que filtre ma peau, il doit y avoir du bruit et du mouvement. Donc des obstacles.

Philibert en eut presque les glandes salivaires vides.

- Ça craint ... mais j’ai quand même drôlement faim.
- Toi tu ne penses qu’avec ton ventre. Il nous faut surtout tisser notre cocon afin de pouvoir muer tranquillement.
- Et là c’est le meilleur moyen ?

Herbert prit le temps de réfléchir.

- Ben …

A-lors ils ZavanCCCèrent,
GRA-virent avec réSolution ce qui était un TAlus mais leur parut une MONtagne,

se FRoTTèrent à des touffes de graminée qui aRRaCHaient leurs pOIls, uZZZant leurs paTTes (et Dieu seul - enfin presque - savait combien ils en avaient) -
FReinées au dernier moment par une matière rugueuse et dure.


Mais MÊME cela ne les arrêta pas.


Malgré l’agitation qu’ils perçurent autour d’eux,
malgré la CHaleur que pas une ombre n’aurait pu atténuer, ils Rampèrent bravement, sans SSSuccomber à la laSSSitude, quêtant la teRRRe promiZZZ' où ils pourraient à nouveau se nouRRir et s’inSSStaLLLer.

Combien de temps passa ? A éviter les hommes et leurs outils ? 
Leurs camions ? 
Leurs grues ?

JuSSSqu’à ce que des VOItures et autres véhicules RRRemPLacent les TRavaux.
JuSSSqu’à ce que la vitesse et le nombre S’emPaRRRent de la RRRouTe …

… Jusqu’à ce que Her-BERT et Phili-BERT presque parvenus de l’autre côté, se fassent écraser par une moto qui roulait sur la bande d’arrêt d’urgence.








« Lao Tseu s’est épuisé à le dire : celui qui méprise l’improbable est comme la chenille qui, s’élançant à travers le sentier, refuse de croire qu’on aura fait une autoroute avant qu’elle n’atteigne l’autre côté »
Achille Talon - Le grain de la folie

Les commentaires sont fermés.