À l'Écoute des Portes - Ière Partie

Carsithine était spéciale.

Si-si.

Elle entendait par-ler LES PORTES
Et si elle avait osé, elle aurait même affirmer qu’elle savait les prendre …

Dieu sait si ces ouvrages mobiles avaient des choses à raconter ! Et le diable plus au courant du fléau que cela représentait.

A l’âge de trois ans Carsithine avait perçu difficilement les voix des humains autour d’elle mais pas pour les raisons que ses parents, dont elle percevait l’inquiétude, soupçonnaient.

Ils discutaient entre eux ce jour (d’elle) lorsqu’un frémissement sonore l’avait atteinte.
Elle s’était figée et une fois ses parents partis, s’était tournée vers le bruit : vers la porte qui lui avait alors répété mot pour mot ce que les adultes avaient raconté.

« Je crois qu’il est temps de consulter un spécialiste - Mais elle est encore jeune ! - Ecoute, elle ne perçoit notre présence que si nous la touchons. Quand nous parlons dans son dos (comme par exemple en ce moment ? pensa-t-elle avec aigreur), elle ne sait pas que nous sommes là. Elle ne nous entends pas … »

Par son doudou rose !
Personne n’avait donc pensé qu’elle était trop occupée pour répondre à leurs stimuli vocaux ?

Ce que le temps se chargea de leur démontrer puisque les années passant, elle se mit à parler en essayant de se montrer la plus pertinente possible dans ses réponses afin d’éviter l’impudence de futurs diagnostics.
OUI son ouï fonctionnait.
OUI les sons avaient un sens pour elle.

Le soulagement de son entourage familial ne suffit pas à provoquer son bonheur.
Parce qu’il était extrêmement difficile de continuer à faire l’étonnée lorsque l’on était déjà au courant de tout.

« Aujourd’hui ma belle-mère va sûrement débarquer ! » - « Mon mari est assommant ! » - « Ils vivent bien au-dessus de leurs moyens » - « Son parrain est mort. Elle ne le sait pas encore … » - (hé-ben SI !).

Autant de confidences récupérées parmi tous ces murmures qu’on pensait oubliés parce ce sous prétexte de ne pas croire aux murs avec des oreilles on ne pouvait imaginer que les portes en avaient.

Tous les secrets qu’elle détenait à son corps défendant, remplissaient sa vie sans la combler.
Jusqu’à ce que l’espoir de ne plus être seule, survienne.
Jusqu’à SA rencontre avec Ar-nold !

...

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