À l'Écoute des Portes - IIème partie

Ar-nold !

Digne pendant de sa nature profonde,

avait lui la manie de placer des portes secrètes dans les bibliothèques, les armoires ou les murs alors que des ouvertures normales existaient déjà juste à côté.
Il justifiait ce besoin en relatant une aventure qui lui était arrivée pareillement dans l’enfance :

Une nuit de cauchemar il s’était précipité dans la chambre de ses parents pour heurter le mur sans trouver de porte, cette dernière étant close pour des raisons aussi obscures que le couloir qui le retenait prisonnier. La peur l’avait paralysé dans les ténèbres et ce n’est qu’au petit jour que ses parents l’avaient trouvé assis par terre, abruti tant par l’insomnie que la frayeur.

Depuis il ne cessait d’échafauder des mécanismes qui lui permettraient de passer par où il voudrait, surtout dans les jours de grande panique.
Pour Carsithine, installer une porte près d’une porte était un gâchis d’espace, ce à quoi Arnold avait répliqué que tout édifice cachait un potentiel de labyrinthe.

Cependant la situation se compliqua lorsqu'Arnold découvrit les talents de Carsithine.
Le fait de plus que SES portes soient plus bavardes avec elle que les autres n'arrangea rien.
Du coup ... Il le prit très mal.
Il estimait qu’en tant qu’inventeur, il était le mieux placé pour avoir la primeur de leurs confidences.
Mais voilà la vie se révélait contrariante, d’ailleurs n’était-ce pas sa vocation ?

- Mais qu’est-ce qu’elles te disent ? fut la première demande d’un long interrogatoire d’Arnold
- Des secrets de famille … leurs douleurs de gonds …

Arnold se mit donc à jalouser cette source d’information phénoménale.

Aussi se mit-il à parler à tort et à travers à côté des portes, surtout de travers et plus particulièrement à propos de Carsithine, laissant croire qu’elle ne cessait de dénigrer ses chères amies,
sapant ainsi la relation privilégiée qu’elle entretenait avec les portes de toutes les maisons où elle se rendait, notamment - la sienne !

Au début Carsithine ne se douta de rien.
Puis le silence des maisons l’alerta.
Elle crut même qu’elle avait perdu son don.
A l’issue de mois de doutes, elle surprit son bien-aimé en train de franchir le seuil de la loyauté.

Carsithine n’eut pas d’autre choix que de le mettre à la porte !

Les commentaires sont fermés.