Histoires de Lundi - Page 4

  • Ex Abrupto

    Assis dans la galerie qui surplombe la piste de danse, je vois - sans regarder vraiment - les silhouettes osciller, se déhancher, certaines se rapprochant tandis que d’autres s’éloignent des plus insistantes.
    C’est dans ce balayage semi comateux que je note soudain cette gueule ouverte sur des crocs, la prunelle si verte qu’elle me brûle.
    Je reviens sur l’instant, cette fois en détaillant chaque danseur, avide d’identifier l’anomalie :
    une fille ou un garçon ?

    Coude à coude je redoute et j’aspire à retrouver la sensation de reconnaissance : l’appel sauvage de cet(te) inconnu(e) dont le défi fait écho à la bête en  moi.

    Finalement personne ne rappelle la vision.
    Au fond il est trois heures du matin.
    J’ai peut-être rêvé éveillé ou dormi quelques secondes …
    Qui sait ?

     

    ------------------

     

    - Je suis amoureux.
    Ben me touche le front.
    - Non, tu n’as pas de fièvre
    Il me sourit en coin puis : "Finies nos beuveries de week-end alors ?"

    Sur un soupir digne du pire mélodrame, il ajoute :
    - Qui est-ce ?
    - Je ne sais pas. Je l’ai rêvée.
    - Je me demande si pour nos orgies, c’est mieux ou PIRE ?

    Cette fois c’est Jonathan qui chantonne la sentence.

    Mes deux meilleurs amis m’étudient - presque - avec inquiétude. Cependant j’ai la conviction qu’ils ne me prennent pas au sérieux, n’avons-nous pas toujours fait ce type de déclaration sachant qu’elles dissimulaient à nos yeux une simple tocade pour des filles sans lendemain ? Oh nous ne sommes pas cruels - juste inconstants - parce que nous avons le choix et que la jeunesse nous fait croire que tout et quiconque peuvent nous appartenir, surtout pour une jeunesse faite d’aisance, de beauté et de charme …

    Mais mes deux meilleurs amis, fidèlement là pour chaque bacchanale endurée, ne se doutent pas de ma vraie nature.
    Et c’est tant mieux.
    Car ils ne sont en aucune mesure prêts à accepter ET digérer ce que je suis profondément.
    Je veux garder ces deux-là le plus longtemps possible.

    - Blonde ou brune ?, reprend Ben le plus curieux et le plus obstiné.
    - Aucune couleur à hisser, aucun indice susceptible de me conduire à Elle ; cela me grise et me tourmente …
    - Voilà qui doit te plaire … - Jonathan ricane car il croit être celui qui me cerne le mieux.
    Néanmoins …
    Sans avoir tort, il me résume un peu facilement : je n’aime pas l’ambiguïté ni la contradiction, je me flatte d’apprécier plutôt ce qui approche ou ressemble à une énigme …

    En l’occurrence je pense avoir été bien servi !

     

     

    À Suivre dès Lundi 1er Mai

  • PÂQU'EN RAYON

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  • De Quoi en Faire deux Scènes

    ACTE I




    Scène 1



    X
    Il a fait quoi ?

    Y
    Il a bombardé une base militaire.

    X’
    Sans consultation du Gouvernement ?

    Z
    Nous avions notre mot à dire même en admettant qu’on aurait été d’accord !

    W
    Tout à fait.

    Y’
    Et maintenant ?

    Z’
    Et maintenant on attend les réactions.








    Scène 2



    CIA-1
    On a mis dans le mille !

    T
    J’avais bien envie de tester ces nouvelles armes …


    CIA-3
    On a des retours du Gouvernement ?

    CIA-2
    Ils nous en veulent d’avoir agi sans les avoir consultés.

    CIA-1
    Comme si d’habitude on le faisait. Quelle mauvaise foi !

    T
    Vous pensez que l’on pourrait étudier l’impact de cette arme assez récente sur le paysage urbain ?

    CIA-2
    Tu penses à quoi ?

    CIA-3
    La Corée du Nord je parie ?

    CIA-1
    La Corée du Nord, paysage urbain ?

    T
    Y’a bien des paysages non ?

    (Rires)










    ACTE II




    Scène 1



    P
    Il s’agit d’une haute trahison. Bombarder sans avertir ! Quelle honte ! Vous n’avez aucun droit là-bas !

    T
    Nous avons constaté la présence d’armes chimiques sur les lieux ; et là c’est le fait des armes gouvernementales du pays !

    P
    Justement pas ! Le Gouvernement a effacé le camp de rebelles parce que c’était eux qui étaient en possession d’armes chimiques destinées aux militaires mais également aux civils.

    T
    Nous ne disposons d’aucune preuve !


    P
    Ni dans un sens ni dans l’autre !

    T
    Voie sans issue donc !

    P
    j’irai me plaindre à l’ONU !







    Scène 2



    ONU
    Il semblerait que les Etats-Unis aient agi sans consultation des forces en présence.

    CIA-1 (camouflé et en aparté à T)
    Ne me dis pas qu’il croit que l’Europe en fait partie ?

    (des) XY (dans le public)
    Chu-hu-hu-hu-TT !

    P
    Ce n’est pas qu’il « semblerait », ils ONT agi.

    ONU
    Les membres de cette assistance sont priés de respecter leur tour de parole.

    P
    Il est tout de même inadmissible …

    T
    … D’interrompre les autres ?

    (Un tumulte grossit parmi les rangs de l’assemblée)

    ONU (forçant sur sa voix)
    Nous demandons le silence s’il vous plaît. Il nous faut décider d’une attitude adaptée à la situation et ce dans le calme et avec prudence.

    CIA-1 (camouflé et en aparté à T)
    Et ben d’ici là on aura eu le temps de canarder la Corée du nord …

    (Ricanements étouffés de CIA-1 et T)










    ACTE III




    Scène 1
    (Quelque part en Corée du Nord)


    S-1
    i bihaeng-gineun mueos-inga ?
    (c’est quoi cet avion ?)

    S-2
    amado gwangwang-gaeg-eun guggyeong-eseo geobu …
    (peut-être des touristes rejetés à la frontière)

    S-3
    ajig hang-gong mohamcheoleom boinda
    (on dirait quand même un porte-avion)

    S-1
    joh-eun. ulineun palileul sijag : gwangwang hang-gong-gi ttoneun hang-gong moham ?
    (Bon. On lance les paris : avion tourisme ou porte-avion ?)

    S-2
    geugeos-eun eotteon nal, ttala
    (Ça dépend, on est quel jour ?)

    S-3
    wol-yoil
    (lundi)